CHAPITRE OUATRIEME
mauvaise et.raction bonne. « II n'y a, dit Euler, que la m^chante determination de T^me qui soit criminelle; Taction meme 6tantune chose corporelle, en tant qu'on Tenvisage independamnaent de celui qui Ta commise, elle ne renferme rien de bien ni de mal. Un ma^on en tombant d'un toit sur un homme tue tout airssi bien que Tassassin le plus decide. L'action est tout k fait la meme, mais le pauvre macon n'est pas responsable, tandis que Tassassin m6rite les peines les plus s6veres ^ » En regard de ce pauvre ma^on, je place Todieux personnage, imaging par M. About% qui sauve la vie de Therome du roman en cherchant k Tempoisonner par de Tarsenic a petites doses. Faudra-t-il done savoir gr6 a cet empoisonneur maladroit d'avoif' gueri sa victime d'une maladie de poitrine, au lieu de Tavoir tuee, selon son intention?
Jouflfroy marque avec beaucoup de precision cette distinction de Tintention et de Taction : « II pent se faire et il arrive souvent que je suis oblige knn acte mauvais en soi; si j'agis d^ns ce cas mon intention est bonne, et mon action ne Test pas. L'innocence de Tagent se s6pare alors de la rectitude de Tintention ; mon intention a 6te bonne et je suis absous ; mais Taction n'en reste pas moins
1. Lettres (fEuler a une princesse cTAlleniagne, lettre XLIV.