LES Q.UATRE CRI-CRIS
s'il y en avait un chez nous, maman, qui a tant de chagrin,» ne pleurerait plus jamais. »
Mon ami Jacques regarda la boulangère. C'était une belle femme, aux joues fraîches. Elle s'essuyait les yeux avec le revers de son tablier. Si mon ami Jacques avait eu un tablier, il en aurait bien fait autant.
« Et pourquoi pleure-t-elle, ta pauvre maman? dit mon ami Jacques, qui ne put se retenir davantage de se mêler à la conversation.
— A cause des notes, monsieur, dit le petit. Mon papa est mort, et maman a beau travailler, nous ne pouvons pas toutes les payer. »
Mon ami Jacques prit l'enfant, et avec Tenfant le pain, dans ses bras; et je crois qu'il les embrassa tous les deux.
Cependant la boulangère, qui n'osait pas toucher elle-même les grillons, était descendue dans son fournil. Elle en fit attraper quatre par son mari, qui les mit dans une boîte avec des trous sur le couvercle, pour qu'ils pussent respirer; puis elle donna la boîte au petit garçon, qui s'en alla tout joyeux.
Quand il fut parti, la boulangère et mon ami Jacques se donnèrent une bonne poignée de main.
« Pauvre bon petit ! » dirent-ils ensemble.
La boulangère prit alors son livre de compte; elle l'ouvrit à la page où était celui de la maman du petit garçon, fit une grande barre sur cette page, parce que le compte était long, et écrivit au bas : Payé.
Pendant ce temps-là mon ami Jacques, pour ne pas perdre son temps, avait mis dans un papier tout l'argent de ses poches, où heureusement il s'en trouvait