‹ Morale Kantienne et morale humaine [microform]Chapitre 191 sur 312 · I. REJET DU SYSTÈME · texte numérisé non relu

I. REJET DU SYSTÈME

Les chapitres précédents ont montré que le moralisme de Kant occupe une place à part dans l'histoire de la philosophie morale. 11 a rompu avec les morales rationnelles antérieures en renversant l'ordre logique et naturel des idées et en constituant une série de dualismes qui vont en sens inverse de l'évolution intellectuelle et morale ; il s'est séparé des morales religieuses en rejetant leur principe même : la divinité. Ce n'est pas à dire qu'il n'en ait utilisé aucun élément : il a retenu des premières la forme du rationalisme et des secondes le commandement divin. Le rationalisme lui avait été fourni par WolfT et par les tendances de la philosophie au xvn* et au xviii* siècle; il avait emprunté le dualisme au piétisme de Spener et à une disposition plus générale qui est commune à certaines formes du christianisme et dugnosticisme et au mazdéisme. Mais Kant ne s'est pas assimilé l'esprit et la méthode du véritable rationalisme et il n'a pas compris la signification et la portée du principe religieux et les conséquences philosophiques du dualisme. Son originalité a consisté à transporter dans la morale religieuse les procédés du rationalisme et dans la morale rationnelle le point de vue religieux ; c'est cette confusion qui a réalisé son isolement dans l'histoire.

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