‹ Morale Kantienne et morale humaine [microform]Chapitre 204 sur 312 · L'EXPÉRIENCE MORALE · texte numérisé non relu

L'EXPÉRIENCE MORALE

Un dernier privilège invoqué en faveur du kantisme est son absolutisme et son rejet de tout empirisme. C'est ce que M. Boutroux a exprimé en termes très généraux : « Kant ne pouvait pas s'en tenir à l'expérience : elle ne lui aurait donné que ce qui est, non ce qui doit être, des principes de physique, non de morale...^ » Comme Kant, « nous ne pouvons nous résigner à ne chercher d'autre base pour ces principes (de la moralité) que les faits et le réel, tels qu'ils nous sont donnés par l'expérience. Dans nos assertions relatives à la morale se retrouvent, plus ou moins expUcites, des postulats qui supposent l'idée d'un ordre de choses supérieur à la réalité donnée*. »

Il y a dans ces affirmations deux idées différentes, qu'on a tort de confondre : celle du rôle de l'expérience en morale et celle de l'existence d'un ordre moral transcendant. Elles soulèvent une question philosophique que je ne puis songer à traiter ici : la question de l'expérience morale, 011, à mon avis, bien des confusions et des malentendus ont été introduits et entretenus au détriment de la clarté et du progrès philosophiques. Je crois cependant devoir en dire quelques mots, car c'est au kantisme que remontent la plupart de ces confusions et de ces malentendus ; c'est le kan-

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