‹ Morale Kantienne et morale humaine [microform]Chapitre 21 sur 312 · LE MONDE NOLMÉNAL · texte numérisé non relu

LE MONDE NOLMÉNAL

Jusqu'ici Kant n'a raisonné qu'ainsi : étant donnée la moralité, elle ne peut consister que dans l'acceptation par la volonté d'une loi universelle et non contradictoire. Il n'est pas douteux pour Kant que cette moralité existe dans l'esprit de t'bomme, c'est son point de départ. Tout le travail de sa pensée a consisté à montrer à quelles conditions nécessaires et suffisantes la moralité peut être affirmée. Il se demande maintenant quelle est la valeur de cette moralité. N'est-elle qu'un phénomène comme les autres catégories de l'esprit de l'homme, ou a-t-elle une existence plus haute, une existence objective, indépendante des phénomènes, ne peut-elle appartenir au monde suprasensible, au monde des noumènes? C'est la question qu'il s'est posée dans la Critique de la raison pure à l'égard des idées de la raison ; il l'a résolue négativement. Il est évident qu'il est possédé ici du désir d'aller plus loin.

Pour y répondre, dit-il, c'est toute une Critique de la raison pratique qu'il faudrait faire, de la nature et du caractère de cette raison. Il remet à plus tard une solution rigoureuse, mais il veut nous y préparer et nous indique le principe de cette solution : pour nous proposer d'obéir à une législation universelle, nous dit-il, il faut que nous soyons libres; or la Critique de la raison pure nous a suggéré l'existence d'un autre monde que celui des phénomènes, d'un monde transcendant étranger aux formes de l'esprit, de l'espace, du temps, des catégories et des formes do l'entendement, dans lequel la liberté peui régner sans partage ; mais elle a démontré que notre raison est incapable d'en atteindre la réalité. Or voici que la morale exige justement la liberté, dont

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