‹ Morale Kantienne et morale humaine [microform]Chapitre 232 sur 312 · Loc. cit., p · texte numérisé non relu

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KANT ET LA MENTALITÉ PRUSSIENNE

cite comme un trait de grande générosité qu'il fit cadeau aux filles de sa sœur d'une somme de 100 thalers (3oo francs) pour leur mariage ' ; Wasianski nous dit que, dans les dernières années de sa vie, il dépensait 200 thalers (600 francs) par an pour venir en aide à ses parents* . Mais tous s'accordent à dire qu'il n'était bienveillant qu'avec la plus grande modération, par sentiment de « ce qui se doit », jamais par générosité. « Kant était bienveillant avec raison », dit Jachmann ^ D'après Borowski, « il ne donnait jamais rien aux mendiants, lorsqu'il en rencontrait sur le chemin* ». Mais il donnait régulièrement quelques petites sommes à la caisse des pauvres de la ville et se laissait aller à faire quelques aumônes au curé et au pasteur Becker% tout en professant « que chaque génération doit subvenir à ses pauvres.... et que nous devons compter sur nos enfants et nos petits-enfants pour soutenir les leurs ^ ». Cette charité de Kant rentrait, en somme, dans la catégorie des choses qu'il « convient de faire » (Schicklichkeit), dont le respect, d'après ses biographes, était le trait dominant de son caractère et qui est tout à fait dans la logique de son système moral.

Il ne paraît pas s'être intéressé beaucoup plus à la vie de ses domestiques qu'à celle de sa famille. « Il les obligeait à revêtir une livrée blanche avec un col rouge et ne souffrait pas qu ils pussent porter aucun autre vêtement. Un jour qu'il découvrit un habit jaune appartenant à l'un d'eux (Lampe)...., il en fut si en colère qu'il le contraignit à s'en défaire sur l'heure, à n'importe quel prix, et d'en verser le produit au compte des réparations de son maître. » Il apprit à cette occasion que son vieux Lampe se remariait le lendemain et que cet habit « était destiné à son mariage. Il apprit même, à ce propos, à son grand étonnement, que Lampe n'étaitpas céhbataire, comme il lecroyait, mais veuf et qu'il avait ete marié pendant de nombreuses années ^) . H faut croire que ses rela-

;; Loi: ±,V^. Or, d'après Wasianski, son capital était - ^7^^ ,^3,0 thalers et de 17000 en i8o4 ; malgré cette charge nouvel e « ac^-J P^^ conséquent 26QO thalers (environ 8000 francs) de ^TQ» a 1804 , ^^ f ^^^^^^^^^^ fut donc pas considérable pour un homme qui, a 76 ans, n avait plus beaucoup à demander à la vie.

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