‹ Morale Kantienne et morale humaine [microform]Chapitre 231 sur 312 · Loc. cit., p · texte numérisé non relu

Loc. cit., p

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de donner le moindre secours à ses sœurs, qui auraient peut-être pu compter sur un homme d'une si grande apparence \ » Jachmann ajoute « qu'il pouvait même craindre de leur devenir à charge ». Cet excès de délicatesse paraît peu vraisemblable. Kant ne fut sans doute jamais riche, mais son traitement à l'université, où il était titulaire d'une chaire depuis 1765, le supplément que lui versait son souverain, les revenus que lui procuraient ses conférences, ses leçons et la vente de ses très nombreux ouvrages, l'intérêt à 6 pour 100 que lui servaient ses amis Green et Motlierby, étaient plus que suffisants pour subvenir à la vie qu'il menait. Tous ses biographes sont d'accord pour afTirmer que ces divers revenus lui agsuraient une entière indépendance. Nous savons d'ailleurs qu'il put acquérir en toute propriété la maison où il mourut, qui était vaste et à laquelle était adjoint un jardin, qu'il avait deux domestiques hommes et une cuisinière à demeure pour lui seul et qu'il laissa à sa mort le petit capital de 20 000 thalers (environ 60000 francs^), qui n'est pas insignifiant pour l'époque. Eût-il été dans l'embarras, ses illustres relations fussent certainement venues en aide à cette gloire locale, surtout s'il se fût agi de motifs aussi louables que de soutenir des parents dans l'infortune.

Jachmann précise d'ailleurs sa pensée : u Un homme comme lui, qui appartenait au monde et à la science universelle, dont la mission était d'enseigner la vérité, devait prendre soin de son indépendance s'il voulait remplir entièrement sa mission », et il fait allusion, à ce propos, à son affaire avec Wollner, qui avait manqué lui coûter « tous ses moyens d'existence ^ ». Et Borowski s'exprime de même à ce sujet : « Après la publication de sa Religion dans les limites de la raison , il fut en danger de perdre, non seulement le supplément que lui allouait Frédéric-Guillaume II, mais tous ses moyens d'existence *. » C'est incontestablement par vanité et par intérêt qu'il s'abstint pendant vingt-cinq ans de toutes relations avec les siens.

Il ne fut cependant pas d'une avarice absolue. Jachmann nous

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