LE PREMIER PRINCIPE. L'IMPÉRATIF CA.TÉG0R1QLE
La Cnfujue de la raison pralUjue comprend deux livres essentiels : Yanalylique et la dialectique pratiques, qui correspondent aux mêmes divisions de la Critique de la raison pure.
Dans Vanalytiquede la raison pure, Kant s'est demandé à quelles conditions des principes scientifiques universels et nécessaires sont possibles. Il se demande maintenant à quelles conditions des principes pratiques d'action universels et nécessaires sont possibles.
En somme, le problème moral est considéré comme résoin, avant même que d'être examiné. La science de Newton avait po^^; des principes universels et nécessaires et Kant avait considéré le monde tout entier de la connaissance comme une construction faite sur le même modèle, sans se demander une seule fois s'il ne pouvait pas l'être sur un autre. C'est son rationalisme étroit qn. l'y a poussé. Ici la morale est conçue de prime abord comme nii ensemble de lois universelles et nécessaires. Pourquoi ? Tout smiplement parce que Kant a besoin, pour diriger sa conduite, de .a même rigidité que pour conduire sa connaissance, besoin (jni
dérive du même rationalisme, en même temps que du piétisme non moins étroit de son éducation. Au fond, c'est une façon simple d'éliminer les difficultés.
« Kant, nous a dit Heine, n'a eu ni vie ni histoire » ; c'est une vue profonde ; le mécanisme de sa promenade quotidienne traduit le mécanisme de sa pensée, c'est le symbole de son tempéramentsa morale en est l'expression définitive et complète. '
Les premiers mots de la Critique de la raison pratique renferment déjà tout son système : « Des principes pratiques, dit-il sont des propositions impliquant une détermination générale de là volonté'. » Par « générale » nous sentons qu'il s'agit « d'universelle et nécessaire ». Toute sa morale est déjà là. Les développements vont être fournis par la distinction, qui nous est familière maintenant, de la forme et de la matière, expression de son dualisme fondamental.
« Tous les principes pratiques, continue-t-il, et c'est son premier théorème, qui supposent un objet, une matière de la faculté <lo désirer, comme principes déterminants de la volonté, sont eml)iriques'. >, C'est l'application pure et simple de la distinction qu'il a faite dans la Critique de la raison pure : tous les principes ^ui se tirent de l'observation d'un objet sont empiriques. Or un principe empirique ne peut pas fonder une loi nécessaire • pour <\» une loi soit absolument nécessaire, il faut qu'elle soit purement " pnor,, donc inhérente seulement à l'esprit et indépendante de lou.e expérience. C'est ainsi qu'il s'est débarrassé du problème ailliciie de 1 accord de la science théorique avec les faits : la science n?oureusc n'est que le fonctionnement des formes a priori de "^pnl, dans lesquelles les choses viennent s'imprimer par les sensations^ De même, il se débarrasse ici de la complexité des mobiles et dos inslincts humains : tous les mobiles sont empiriquesi^',|olons-les hors de la morale, en les considérant comme indiffé- '^•■•nls, comme extérieurs à toute morale, nous n'aurons pas ù faire '• 'llort pour les expliquer, pour en établir la hiérarchie.
l'-s.':(ican' t '«'•7°" P™i'?"«..nouvelle traduction par F. Picavet, l,' édition, "■«.b.clion • nué?an.'J' ^' , ' "'a''ons qui suivent ont été prises dans cette 'il^nan^: VlSrTfoïri •*•"'?,"''- 'i«"' ^"^ -traduites directement sur le texte