‹ Morale Kantienne et morale humaine [microform]Chapitre 246 sur 312 · I. Histoire romaine. H, ii · texte numérisé non relu

I. Histoire romaine. H, ii

a. J. Barthélémy, loc. cit., p. 268.

KANT ET LA MENTALITÉ PRUSSIENNE

que la théorie du Saint Empire Romain Germanique n'était autre chose qu'un type achevé de la complaisance dans le sophisme, comme l'est aujourd'hui l'élection du peuple allemand par son vieux Dieu, successeur de Jéhovah \ Napoléon met ïCant en parallèle avec Cagliostro^. Voici le témoignage plus récent d'un des leurs, qui les connaissait bien : « L'Allemand aime la franchise et la loyauté ; comme il est commode d'être franc et loyal ! Cette honnêteté allemande, candide, avenante, sans arrière-pensée, est aujourd'hui peut-être le déguisement le plus dangereux et le plus habile que sache prendre l'Allemand. C'est par excellence son art méphistophélique qui lui fera faire son chemin. L'Allemand se laisse aller en regardant de ses yeux limpides, bleus, vides et allemands, et immédiatement l'étranger le confond avec sa robe de

chambre Un peuple est très habile lorsqu'il se donne pour

profond, maladroit, bon enfant, honnête, sans astuce. Laisser croire qu'il est tel serait même une marque de profondeur. Enfin il faut qu'il fasse honneur à son nom. On ne s'appelle pas en vain iiusche Volk, tausche Volk, peuple qui trompe — Les Allemands manquent de quelques siècles du travail moraliste que la France ne s'est pas épargné ; celui qui, à cause de cela, appelle les Allemands naïfs, leur fait d'un défaut un éloge ^. »

L'Allemand spécule, en effet, plus ou moins délibérément, sur cette barbarie même, dont il a une certaine conscience, pour se faire passer pour naïf. Il a toujours à la bouche les mots de vérité, de loyauté ; il oppose volontiers sa franchise à une disposition pour le mensonge qui serait le propre des races grecque et latine et particulièrement du tempérament français. En affirmant la loyauté comme un idéal national, il croit faire illusion et il y a souvent réussi. Cette tactique est favorisée par l'extrême confusion, l'obscurité de ses idées, qu'il donne pour de la profondeur, et par l'abus qu'il fait de raisonnements captieux, qu'il présente sous une apparence logique.

L'un des exemples les plus saisissants de cette méthode, qui ne trompe plus personne aujourd'hui, est le fameux Manifeste des

1. J. Flacli, Essai sur la formation de V esprit public allemand, Paris, iQiS, p. 78 et suiv.

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