I. Ibid., p
3* m" ^' 63^' ^^^'^ ^* "^'^ ^^ Picavet au bas de la page de sa traduction.
rien de plus incertain qu'un sentiment, de plus dangereux même, rien de plus hétérogène à la certitude, qui doit diriger souverainement la conduite; un sentiment ne peut jamais à aucun titre, ni à aucun degré, fournir d'autre impératif qu'un impératif empirique. 1 . 11 1 11 « Il n'y a qu'une loi formelle, c'est-à-dire une loi telle qu elle
ne prescrive à la raison rien de plus, comme condition suprême des maximes, que Informe de sa législation universelle, qui puisse a priori être un principe déterminant de la raison pratique. Les anciens laissaient voir ouvertement leur eiTear en dirigeant leurs recherches morales sur la détermination du souverain bien, partant d'un objet dont ils avaient Tintention de faire ensuite le principe déterminant de la volonté^ . . . Le concept du bien et du mal ne doit pas être déterminé avant la loi morale, mais seulement après celle-ci etparelleK » C'est la loi qui détermine la matière et non la matière qui détermine la loi. Fonder la morale sur la matière, c'est la compromettre à jamais, car c'est la fonder sur l'empirisme et « Vempirisme extirpe, jusqu'à la racine, la moralité dans les intentions ; il substitue au devoir quelque chose de tout à fait différent, c'est-àdire un intérêt empirique, avec lequel se liguent secrètement les penchants en général; en outre l'empirisme, par cela même qu'il est uni avec tous les penchants (qui, quelque forme qu'ils prennent. s'ils sont élevés à la dignité d'un principe pratique supérieur, dégradent l'humanité) et par cela même que les penchants sont favorables à la manière de sentir de chacun, est pour cette raison beaucoup plus dangereux que tout enthousiasme, lequel ne peut jamais produire un état durable chez un grand nombre de personnes^ ».
Et, d'une façon analogue, il condamne Vintuition, qui se ramène à ce qu'il appelle : Schwarmerei, enthousiasme, fanatisme, mysticisme.