I. Ibid., p
suivant une loi générale », pose, sans doute, un devoir strict; mais ces fins, comme la perfection de soi et le bonheur des autres, varient nécessairement suivant les circonstances, suivant les positions sociales ; les maximes particulières de la vertu ne sont donc pas absolument obligatoires.
Ce qui est absolument obligatoire, c'est seulement qu'elles puissent s'accorder avec une législation universelle. « Pour ces maximes . elles-mêmes il sufiit qu'elles puissent s'accorder avec une législation générale. En effet, les maximes des actions peuvent être arbitraires, et ne sont restreintes par d'autre condition que par celle de convenir à une législation générale servant de principe formel
aux actions ' . »
Il s'en suit « que les devoirs de vertu sont d'obligation large, tandis que les devoirs de droit sont d'obligation stricte. Cette proposition est une conséquence de ce qui précède. En effet si la loi ne peut ordonner qu'une maxime et non les actions mêmes, c'est un signe qu'elle laisse au libre arbitre une certaine latitude {latitudo) dans la pratique et dans l'observance, c'est-à-dire qu'elle ne peut indiquer d'une manière déterminée comment et jusqu'où
il faut agir" ».
Par exemple la perfection de soi-même « est un devoir de vertu, c'est-à-dire d'obligation large. Il n'y a point de principe rationnel qui prescrive d'une manière déterminée jusqu'où Ton doit pousser cette perfection'. » De même pour la bienfaisance: « si je dois faire aux autres le sacrifice d'une partie de mon bien-être,... il est impossible de déterminer jusqu'où ce principe peut aller*. »
Ainsi les questions, qui relèvent de la casuistique, ne sont qu'un cas particulier d'une espèce plus large : tous les devoirs que nous avons examinés jusqu'ici, les devoirs de vertu, sauf le devoir général de se conformer à une maxime universelle, ne sont que des devoirs larges, c'est-à-dire qu'ils peuvent n'être accomplis que dans une certaine mesure, sans que la morale puisse détermmer les limites de cette latitude. Cela peut aller très loin I C'est une