‹ Morale Kantienne et morale humaine [microform]Chapitre 98 sur 312 · LE DROIT PUBLIC · texte numérisé non relu

LE DROIT PUBLIC

Le droit public est « l'ensemble des lois qui ont besoin d'être universellement promulguées pour produire un état juridique* ». Il se divise, d'après Kant, en droit politique, en droit des gens et en droit « cosmopolitique ».

Ici la doctrine de Kant n'a plus absolument rien à voir avec ses premiers principes ; elle est tributaire à la fois de la pensée française du xviii* siècle et d'idées empruntées à l'état politique et social de l'Allemagne contemporaine; elle se soucie encore moins d'éviter les contradictions.

J'ai cité déjà la conception de la société que Kant a prise à Rousseau : l'idée par laquelle le peuple se forme en société est « un contrat originaire en vertu duquel tous, dans le peuple, déposent leur liberté extérieure pour la reprendre aussitôt comme membres d'une république ». Dans le droit politique, il nous dit que l'homme sort de « l'état de nature » pour entrer dans « l'état civil ». L'Etat^ dont il fait la théorie n'est pas tel État particulier, mais « l'Etat idéal, tel qu'on conçoit qu'il doit être suivant les purs principes du droit. » Ce sont les idées (et les illusions), c'est le vocabulaire même de Rousseau, de Condorcet, de nos Constituants et de nos Conventionnels. Nous allons voir maintenant la part des théories de Montesquieu.

1. Le monde comme volonté et comme représentation, trad. Burdeau, Paris, 1889, t. 11, p. 127.

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