XIV. — 3. L'IMPORTANCE MORALE DE LA FAMILLE
sentiments, il est nécessaire qu'il y ait des cercles étroits où ils puissent fleurir. La famille est ici «a la fois fin et moyen. Elle fournit au besoin des individus sa plus haute satisfaction, et elle est le centre de forces ayant de l'importance pour l'espèce entière. Plus il y a de ces centres, plus aussi il y a de foyers pour le feu qui entretient la vie de l'espèce.
Une autre objection contre la famille, c'est que par suite de ses bornes et de sa vie toute fondée sur la tradition et la répétition, elle conduit vite à la quiétude, à runiforinité et à la torpeur. Par Ih, dit-on, elle empêche souvent l'individu de développer tous les côtés de son être, ce qui devrait justement être un des avantages de la vie de famille. La complète expansion du moi serait gênée par la faible étendue de la famille et par la crainte de se manifester sans retenue, en paroles ou en actes, devant ses proches. Cela expliquerait pourquoi un grand nombre d'individus ont été moins appréciés dans leur famille qu'en dehors d'elle, bien que le contraire eût été plus naturel. — Ces difficultés n'existent pourtant que si la famille s'isole de l'association de culture ou de l'Etat. C'est de ces sphères plus considérables que viennent les courants d'air frais capables de chasser l'atmosphère lourde qui peut régner dans la maison familiale, lorsqu'elle s'isole du reste du monde.
Ces difficultés ne peuvent disparaître complètement que si la famille a atteint sa forme la plus haute. Ici comme partout, la réalité est fort éloignée de l'idéal. Elle en présente pourtant des approximations qui peuvent être développées davantage. Pour éclaicir plus complètement les questions qui se posent ici, nous considérerons d'abord le mariage, puis la situation et la condition de la femme, et enfin le rapport entre les parents et les enfants.
Jt