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XIV. - 3. L'IMPORTANCE MORALE DE LA FAMILLE

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accroissements partiels dont la son.mc seule apparaît à la conscience. La vie affective reçoit par là une solidité qui lui manque lorsquelle se manifeste connue une série d'émotions s'entlammant tout à coup avec violence mais disparaissant tout aus^i promptenient '.

Enfin Ja famille roli. par dos liens naturels les difTérentes générations. Elle forme le pont qui fait communiquer le passé avec 1 avenir de l'espèce. A des hommes qui autrement seraient demeurés incompris les uns des autres, elle permet, en les rapprochant, de se comprendre entre eux. La querelle des anciens el des modernes peut être atténuée dans la famille par la sympathie foncière qui dit toujours ici son mot.

3. - On pourrait faire à la fjxmille le reproche d'être une société beaucoup trop étroite, de concentnM- le sentiment et » intérêt sur un petit cercle, et de rester indiirérente à tout ce qui se trouve en dehors. Il pourrait se former de la sorte un ego.sme de fomille, sans doute plus lar^e que l'égoîsme puremen individuel, mais, non moins que celui-ci. nuisible au développement de l'amour universel de l'humanité. A quoi il faut repondre que la sympathie doit se développer d'abord dans des cercles étroits, avant de pouvoir s'étendre à des cercles plus larges. Ce sont les sentiments développés au sein de la lamille et y trouvant constamment leurs aliments, qui nous donnent les premiers et les plus puissants moyens d'atténuer et d éduquer l'égoisme individuel. L'amour universel de l'human.té n'est que l'extension d'un sentiment né au sein de la famille, extension qui ne va pas toujours sans rencontrer d'obstacles, mais qui suppose néanmoins toujours que le premier mouvement a pris naissance dans des sphères étroites II n'y a donc nullement une contradiction nécessaire entre l'amour familial et l'amour universel de l'humanité. Ajoutez à cela (cf. XII, 1) que 1 intensité et l'étendue de la sympathie sont souvent en raison inverse l'une de l'autre. Si l'étendue s'accroît, ce sera facilement aux dépens de l'intensité. Parmi les hommes c est le très petit nombre (du moins aujourd'hui encore) qui est capable d embrasser les relations éloignées avec la même profondeur et la même force que les relations plus prochaines et plus étroites. Si donc il ne faut rien sacrifier de l'intensité des

* Psychologie, Ilf, 7; VI. E, 4-5.

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