‹ Morale [microform]Chapitre 114 sur 284 · LA MONOGAMIE LIBRE · texte numérisé non relu

LA MONOGAMIE LIBRE

4. Raisons morales de la monogamie. — 2. Le mariage et 1' « amour libre ». — 3. Destinée et responsal)ilité dans le mariage. — 4. Importance de la communaub», des tâches et de la destinée. — 5. Le mari et la femme sur le pied d'égalité. — 6. La monogamie libre et l'hétairisme.

1. — Une communauté de personnes humaines ne peut être parfaite que si aucun de ses membres ne sert aux autres de simple moyen et si, dans chacun d'eux, aucun<3 partie de son être n'est développée d'une manière exclusive, ou laissée de côté. Toutes les formes polygames du mariage contredisent ce principe, soit qu'un homme se partage entre plusieurs femmes ou une femme entre plusieurs hommes. Il ne peut s'y rencontrer aucun dévouement complet à une seule personne : la relation n'est jamais que partielle et aucune parfaite union des personnes n'y trouve place. D'un côté on se morcelé, de l'autre on se contente d'un fragment. (( Dans la polygamie, dit Kant, (Théorie du Droit, % 26) la personne qui se donne ne reçoit qu'une partie de celui auquel elle appartient, et se transforme ainsi en simple chose. » Plusieurs servent de moyens à un seul ou à une seule, ou réciproquement. Il en résulte d'autre part qu'au sein de la personne il se forme une séparation entre des éléments qui devraient agir de concert. Lorsque le sentiment de l'amour est plus qu'un rut animal, deux éléments, l'un physique, l'autre idéal, s'y mêlent inséparablement, et le dévouement embrasse la personne entière. (Cf. XI, 10). Mais dans la polygamie, il faut nécessairement que l'élément purement physique ait la prépondérance. Le fiagmentdumoi susceptible d'être partagé entre plusieurs, c'est ici l'élément purement physique.

Page 1