‹ Morale [microform]Chapitre 115 sur 284 · XVI. — I. LA MONOGAMIE LIBRE · texte numérisé non relu

XVI. — I. LA MONOGAMIE LIBRE

En tant qu'union toute physique, en tant qu'acte purement animal, l'union sexuelle n'a aussi que des limites toutes pliysiques. Le coté physique de l'union sexuelle est le moins individualisé; plus il devient prépondéiant, plus aussi s'efface la diversité des objets, et réciproqiKMuent plus sont divers les objets auxqu(*ls l'instinct sexuel s'adresse, plus aussi son côté physique devient prépondérant. La vie sexuelle des mouches en présente un exemple facilement obsei*vable. L'union toute physique n'est que momentanée, et l'interruption qu'elle amène dans la lutte réciproque pour Inexistence ne dure souvent qu'autant que l'instant de raccouplement. Chez quelques espèces d'araignées, Tinstincl carnassier se réveille aussitôt après l'acte sexuel, de telle sorte que le mdle et la femelle se regardent mutuellement comme une proie possible. Nous voyons ici combien la n)anifestation de l'instinct sexuel peut être isolée et fugitive. Au contraire, dans l'amour véritable entre, outre l'instinct élémentaire, l'image* de l'autre individu dans toute son originalité, ainsi que la joie qu'on éprouve à sa présence. L'instinct n'agit plus comme une force tout aveugle, mais il nous ouvre les yeux sur la nature de l'autre individu et pix'pare ainsi un don de soi supérieur à l'union pureuK^nt physique. Aux degrés supérieurs, le rôle moral de l'instinct sexuel sera de faire découvrir et apprécier des qualités personnelles qui demeureraient inaperçues sans cela. 11 prèt(* h l'attention la puissance d'une force de la nature. L'étroitesse de l'union ne tient pas alors uniquement à ce que l'instinct de conservation de l'espèce joint un individu à un autre de sexe différent, mais aussi à ce que des qualités pouvant se manifester seulement dans une communauté de vie durable exercent leur influence. Non seulement l'amour, mais encore la fidélité peut servir a faire des découvertes morales.

La monogamie est donc la seule forme possible de liaison sexuelle pour des personnes indépendantes qui s'unissent chacune suivant sa nature complète et non pour satisfaire simplement un besoin isolé.

2. — Il entre dans la nature du don personnel de soi de ne pas seulement comprendre la personne complète, mais encore la vie tout entière des deux parties, aussi longtemps qu'elle dure. Un sentiment qui ne croit point à sa propre durée n'est pas un sentiment véritable. Il serait contre-nature qu'au

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