‹ Morale [microform]Chapitre 27 sur 284 · I. — 4. MORALITÉ POSITIVE · texte numérisé non relu

I. — 4. MORALITÉ POSITIVE

temps * n'empêche d'ailleurs pas qu'un grand moraliste philosophe puisse exprimer des pensées qui garderont leur valeur pour un grand nombre de générations. La morale philosophique ne serait vraiment rendue impossible par sa limitation historique que si elle devait être une science purement rationnelle, une exposition d'éternelles vérités. Mais elle n'est jamais que l'achèvement systématique d'un point de vue historiquement donné, et ne saurait construire des idéals et des normes que pour certaines conditions de vie déterminées ; elle est à sa manière, tout comme la moralité positive, un moyen dans la lutte pour la vie : moyen pour conserver un degré de vie acquis, et moyen d'acquérir un degré de vie nouveau, qui puisse mériter d'être appelé supérieur. Son caractère scientifique dépend de la clarté avec laquelle elle établit sa base et son critère et de la rigueur avec laquelle elle poursuit ses principes jusque dans le détail. Sa valeur pratique dépend de la mesure où les idées et les résultats ainsi obtenus peuvent passer dans la chair et le sang de fractions plus ou moins considérables de l'espèce humaine, trouver un appui dans des sentiments intenses et dans de fortes habitudes, et arriver à diriger ainsi l'organisation des différentes relations vitales. Or l'expérience montre que le chemin qui va des idées morales générales à leur application pratique peut être souvent très long et très compliqué.

* Un intéressant exemple de la manière dont l'esprit national détermine l'œuvre et les résultats des penseurs individuels nous est fourni par l'histoire de la philosopliie italienne, surtout en ce qui concerne la morale. Cf. LuiGi Fkrki : National Characler and classicism in Italian Ethics (International Journal of Etliics, 1895) — Cf., en ce qui concerne l'ancienne Grèce, Léopold Schmidt : The Unity of Ihe Ethics of ancient Greece (Jbid., 1894).

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