‹ Morale [microform]Chapitre 29 sur 284 · II. - 1. MORALE THÉOLOGIQUE · texte numérisé non relu

II. - 1. MORALE THÉOLOGIQUE

dans la révélation surnaturelle d'un idéal. Elle repose sur le principe absolu de V autorité^.

Autorité signifie prestige et le prestige peut se manifester de manières très diverses. Il peut se fonder sur la force physique, de manière à agir par la crainte qu'elle inspire. Il peut se fonder sur la supériorité de l'intelligence et de la vertu, et avoir de l'action parce qu'il présente aux autres un modèle qu'ils admirent et s'efforcent d'imiter. Il peut se fonder sur la faculté et la volonté de donner aide et protection, de manière à agir non seulement en produisant la crainte et l'admiration, mais encore en excitant la reconnaissance, la confiance et l'amour. La vie humaine ne peut se passer de ce genre d'autorités. La généralion précédente sert d'éducatrice et de modèle à la suivante. Les parents sont les autorités des enfants, les maîtres sont celles des écoliers; partout celui qui est plus avancé est une autorité pour celui qui n'a pas fourni une carrière aussi longue. La relation d'autorité est un élément important de la moralité positive. Celle-ci n'a pas besoin pourtant de se soumettre au principe de l'autorité absolue.

Toutes les fois que le principe d'autorité est posé d'une manière expresse et considéré comme inconditionnel, la raison s'en trouve toujours dans une certaine réflexion, dans une pensée naissante. Les hommes suivent involontairement ce qui leur paraît grand et élevé et n'ont besoin pour cela d'aucun commandement spécial. L'instinct d'imitation et l'habitude leur font même suivre ce qui est insignifiant et sans portée, quand cela agit par la puissance de la répétition et qu'il y a des précédents. C'est seulement aux époques où la critique s'est éveillée et oîi le doute remplace le tranquille repos dans une demi-inconscience, que l'on érige consciemment le principe d'autorité, sous la forme absolue, en dernier fondement de la morale. Quand une question en appelle une autre de sorte que, semble-t-il, rien ne soit solide, le besoin se fait sentir d'un point d'arrêt absolu pour qu'on ne' soit pas entraîné soi-même dans le tourbillon. La sensibilité et la pensée humaines paraissent n'offrir à la morale qu'une base peu sûre. La question la plus considérable que soulève la vie humaine : « qu'est-ce qui est bien et qu'est-ce qui

* Sur la notion d'autorité cf. mon ouvrage Veber die Grundlage der humanen Ethik. Bonn, 1880, chap. III.

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