‹ Morale [microform]Chapitre 72 sur 284 · THÉORIE DU BIEN · texte numérisé non relu

THÉORIE DU BIEN

est-elle un chemin vers le bien univei-sol ? ? - i- La culture

né H. 1« ; ^ '^P ''' précédents nous nous sommes occupe, de la base de la morale. Il nous faut maintenant établir et cxpl.quer avec plus de détails le principe qui donne à la morale son contenu, ^ous avons déjà montré (III. 10-15) que le seul pnnc.pe de ce genre qui s'accorde avec la base admise par nou estje pnnc.pe du bien général. Mais en quoi con.iste'au juste

Considérée en elle-même, l'idée du bien est une idée purement /-orna/ e. C'est ce qu'un idéalisme mal compns a souvent fatt oubher de sorte qu'on a voué au bien un véritable culte ans en donner une définition précise. Le vrai bien, pensait-on es le bien en so, et par soi, dont la valeur ne dépend de rien d autre. A a.s qu'est-ce au juste qui a une valeur en soi ? Oue" ist le contenu qui répond à cette condition ?

Comme nos développements antérieurs l'ont fait voir cette question comporte autant de réponses diverses qu'il y a de points de vue différents en morale. Si c'est une sympathie universelle et désintéressée qui détermine l'appréciafion' cel! seul peut être bon qu, conserve et accroît le bien-être des êtres conscients, augmente leur plaisir ou diminue leur douleur Jout acte agissant dans ce sens, sans amener ensuite d'effets en >ons inverse, est par là même légitime, tout acte contraire est *^ rejeter.

La morale ne fait ici qu'essayer de poursuivre ce que la nature a commence. En effet, le plaisir est en somme lié à l'emploi ■^. n et naturel des forces, à ce qui conserve et entretient la vie a It contraire est vrai de la souffrance. La douleur est le signé

HoFFDijjG. — Morale.

^^^ vu. - i TiiÉORit: du bien

d'un commencement de dissolution de la vie '. En apprécknt notre volonté et notre action d'après le degré où le plaisir l emporte sur la douleur, - ii cause de la connexion étroite qui existe entre le plaisir et la vie, entre la douleur et la mort — la morale travaille au développement do la vie. des facultés et des forces humaines, dans une mesure aussi large et d'une manière aussi harmonieuse que possible. Aussi les problèmes moraux enveloppent-ils également l'appréciation du plaisir et de la douleur des instants particuliers par rapport à la vie totale de l'individu, et celle du plaisir et de la douleur des individus particuliers par rapport à la vie totale de l'espèce. Ce n'est qu'autant que cette appréciation est possible que celle des volitions cl des actes peut être fondée et que l'action morale reçoit un contenu déterminé. Chaque volition et chaque acte est comme une pierre qu'on jette dans l'eau : le mouvement se propage en cercle, plus ou moins larges, et l'appréciation dépend de la manière dont l'acte retentit dans la vie et la sensibilité des êtres conscients. De même que la science théorique explique un phénomène naturel par un autre, la morale apprécie un sentiment d'après d'autres sentiments : la satisfaction que 1 agent éprouve ou obtient par sa volonté et son action ne peut être appelée bonne sans restriction que si les effets de l'acte ne vont pas troubler le plaisir d'autres élres. Toutes les fois qu'un pareil trouble se produit, il doit être justifié, en montrant qu il est la condition d'un bien-élro encore plus grand, soit de celui que ce trouble atteint, soit des autres hommes.

J'entends donc ici par bien un état durable du sentiment de plaisir Peut-être ne peut-il s'obtenir que grâce h. une évolution au milieu de souffrances et de privations, mais il est le but en vue duquel on supporte les unes et les autres. Il n'est pas besoin d'être optimiste pour faire du bien ainsi entendu le principe obieclif de la morale, car on ne préjuge en rien de la sorte la question de savoir s'il est facile à atteindre, ou s'il peut même, d'une manière générale, être jamais atteint. Quand même le pessimisme aurait raison, quand même tout plaisir, tout bonheur serait une illusion, quand môme le fond de notre nature consisterait dans une inquiétude cl un besoin douloureux, le principe du bien ne serait pas ébranlé pour cela. La tâche consis-

* Psycholojie, VI, D.

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