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naturelle soit préternaturelle. Une seconde étude ou 2'"' Section traitera fort amplement quoique exclusivement de la foi surnaturelle.
25. — La notion la plus étendue et la plus générale de la foi, convenant aussi bien à la foi divine qu'à la foi /lumaino, à la foi de la grâce qu'à la foi de la nature, est celle d'une habitude ou d'un mouvement de confiance libre et prudente, par laquelle on sacrifie au moins partiellement son indépendance spirituelle ou matérielle, d'intelligence ou de volonté, d'existence ou de biens accidenteis, au pi-ofit d'un témoin, d'un maître, d'un guide, d'unumi, d'un supérieur, dont on sait le mérite, la valeur et la ])nissance (1). — S'abandonner aveuglément, instinctivement et comme fatalement à l'influence d'autrui, n'est certainement pas la foi d'intelligence ou de volonté, qui seule est digne d'un liomme raisonnable. — S'abandonner ù je ne sais quelle étoile, au destin des anciens, au hasard des modernes, est moins encore une foi morale et vertueuse. — S'abandonner à un enseignement, à une direction, à une sollicitation, dont on n'a pas sérieusement et suffisamment vérifié les titres, est une foi imprudente qui rentre plutôt dans la catégorie du mal que dans celle du bien. — La liberté d'une part et la prudence de l'autre, la liberté et la prudence qui ne vont pas sans Yintelllgence et la volonté, et qui ne consistent pas en des sensations plus ou moins éthérées, sont donc des conditions indispensables à l'exercice de la foi; et ce que notre littérature contemporaine appelle si fréquemment do ce nom est la plupart du temps indigno de le porter : l'ardeur, l'entrain, l'enthousiasme, l'espérance, l'obstination, n'ont souvent rien de commun avec
(1) On voit déjà par cette définition l'essentielle différence qu'il y a entre la 'ci et la science, entre croire et savoir. Que l'usage ait souvent employé les mots de foi et de croyance pour désigner la connaissance évidente, c'est un fait incontestable. (Cf. T. Pesch, Instit. Logic, pars i, p. 584.) xMais ic fait n'est pas toujours le droit. Saint Thomas observe (inement que l'usage en (luestiou vient de ce que dans les (jueslions d'abord douteuses l'argument décisif est comme un témoin auquel on se conlio et ou se rend. [In IH Sent., dist. 2.'{, q. i,a. ?).