CHAPITRE m
LF. DKVOIR SOCIAL ET LF DEVOIR INDIVIDUEL
I. Le devoir n'eal-il que social ou qu'individuel. Navon-=-nou~ de devoirs ou île droits qnenver> la société ou qu'envers les individus. — 11. Svntlièse idéale de l'éffolisme et de laltruismc.
i.E nr.voiR n'est-il ole social ou oi-'individuki.
Les considérations qui précèdent nous permettent lie déterminer les vrais rapports ttiéoriques et lnstori(iues du fîevoir social et du devoir individuel.
KanI croit essentiel à la moralité de faire abstraction des i*éstdtats extérieurs de l'acte, tout ce qui est extérieur étant étranger au devoir; mais, par une analyse com|»lète de la conscience, nous avons prouvé que les autres êtres raisonnables ne nous sont pas extérieurs en un sens qui empêcherait leur bien d'être une lin pour notre activité. H l'aiit donc, tout au moins, consii\vVL'V les résultais de notre action pour tes autres, pour tous les êtres raisonnables, // eompris nous-mêmes ; il faut nous placer à un point de vue oti noire bien, à nous êtres conscients, ne fasse qu'un avec le bien de tous. C'est, au fond, ce que Kant poursuivait. Selon lui. le point de vue moral était celui de l'intention universalisable: si je puis universaliser la maxime d'une aciion, cette maxime devient le l)icn pour vous comme
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pour moi ; elle nexeliit plus votre bien du luien, ni tous les deux du bien universel. — Sans doute; mais (|uelle est la meilleure méthode pratique pour juger, selon une norme universelle, la eonduile parlieulière de l'individu? C'est, selon nous, de la eonsidérer à la hunière de ses etiets sociaux : Agis de telle soi'te que la société entière puisse i)rendre ton action jtour règle. D'autre part, (|uel est le meilleur eriterium pratique pour juger une mesure sociale? C'est de considérer son etfet sur les individus, l'augmentation ou diminution de valeur (inidlc coidèi'e aux personnes. Il tant donc dire à la société : — Agis de telle sorte que les actions puissent s( rvir de règle aux individus et accroître leur valeur morale. — Telle est, à notre sens, la conciliation des deux points de vue que les esprits superliciels ont l'iiabitude d'opposer l'un à l'autre. Pour les individualistes, le devoir social ne serait qu'une extension, d'ailleurs nécessaire, du devoir individuel, et toute obligation se récuirait à des relations d'individu à individu ; pour les socialistes, le devoir individuel ne serait qu'une détermination plus j)aitieulière du devoir social. D"a[ti'ès les considérati(»ns (|ui pi'écèdcnt, nous admettons (jue le devoir est sinndtanément indiridncl cl niiirerael, avec la socifilili' comme moyen tei'me nécessaire entie les deux extrêmes. Le devoir social est un devoir personnel, le devoir personnel est un devoir social ou, j»our mieux dire, universel. On peut d'ailleurs soutenir, avec les socialistes les plus'conséciuenls, ([uv tous les actes de rindivitlu inl(''ressent à quelque degré la vie en conunun. C'est par simple " ignorance des détails de la solidai'itc' sociale » que nous ci(»yons certains actes socialement indillérents (I i. Si bon ncunbre de choses utiles et même nécessaires à une soci(''té ne semblent pourtant |»as morales, c'est ipiOn ne voit pas assez leiu' lien n'-e
(1) Belut, //«•('. ph.. m.ii 1891.
OU imaginaire avec le bien commun tel (|ue le conçoit cette société. — Aujoiiririuii, objectera-t-on. une nation ne peut se passer ni d'une armée nombreuse et i)ien équipée, ni d'une grande industrie, et pourtant on n'a jamais songé à regarder comme le plus moral le peuple qui possède le plus de canons ou de machines à vapeur ! I i.
— Mais, répondrons-nous, là n'est pas la question. Si un peuple a besoin d'une forte armée, ce qui en résulte, c'est le devoir de défense nationale de la part des individus, c'est aussi le devoir de respecter les conditions d'une armée forte: discipline, hiérarchie, endurance, patience, courage, etc. De même, si une nation a besoin d'une industrie florissante, il en résulte pour les citoyens le devoir d'assurer les conditions mêmes de toute industrie: respect de la propriété chez les uns et du travail chez les autres, équité dans les contrats, etc. Tout un code moral dérive des vraies conditions modernes du travail, et ce code n'est que trop violé ; c'est pour cela même que se pose la question sociale, qui est aussi une question morale. — <( Il y a, objectet-on encore, des actes parfaitement immoraux et qui seraient, à l'occasion, très profitables k la société (2). »
— A «/îe société particulière, aune nation, peut-être; à la société en général, à la société universelle, quoi déplus contestable? [.a société, avant tout, a besoin de justice et de moralité, c'est-à-dire de lois excluant les exceptions que l'on prétendrait motiver par l'intérêt individuel ou même national. On met en avant bon nombre de pratiques morales et religieuses «pii, dit-on, ne sont pas moins obligatoires que d'autres, sans que pourtant il soit possible d'apercevoir (|iiels services elles rendent à la communauté : — ■< Quelle est l'utilité de ce culte des morts dont la violation, cependant, nous est particulièrement odieuse? > — La réponse est facile. Le culte des morts est un des moyens il'assurer la soli-
(1) Durkheim, Division du Iravail. introtl. p. 11. <2i Ibid.
darité sociale, le lien entre vivants et morts, par cela même le lien des vivants entre eux. et aussi celui des vivants d"auj(>urd"liui, (jui seront les morts de demain, avec les hommes à venir, qui seront à leur tour les vivaids. Le culte des morts, c'est ridce-l'orce de la personne humaine et la reconnaissance de sa valeur, c'est ridée-lorce de la famille, Tidée-force de la patrie, rid('u'-force de Thumanité entière : et vous demandez: — A quoi cela sert-il !
Concluons que, s'il n'y a point de devoir enrers soi qui ne soit aussi un devoir envers les autres, il n'y a point de devoir envers les f/////rs qui n'e.\|irime le plus intime bien du moi.
Le lien de l'individuel à l'universel dans la conscience nous permet de rejeter les excès île Tindividualisme, comme nous venons de rejeter ceux du socialisme moral. Selon les individualistes, les sociétés n'auraient, connue telles, ni droits ni devoii's, sinon en vertu d'une métaphore, expression li;,'urée des devoirs et droits entre personnes: les individus, d'autre part, n'auraient (Tohligation envers l'Etat que par une liction analogue. Seuls réels, les individus seraient les scids sujets et les seuls objets possihics d'un droit et d'un devoir quelconques; leproblenic nioialcl juridiipie ne se poserait donc (prenire les hommes eux-mêmes, iscdé's ou agrégés, non projirement eidre !<• eiloven d rFlal, entre l'individu et la société.
Selon nous, lous les[ti'(d»lemesdecegei)re soid ipichpie peu artiliciels, jiuisipiils roulenl sur des abslraelioiis et idées inc<jmplètes. Il ne l'aul pa> edMqirendre la >oei(''l('' citrume une ré'alité' (pii ne serai! pas eonsliluée pai' et dans les individus mêmes. La l'amille vaut par ses membres et nous ne pouvons concevoir ni adorer la famille en soi, sans pei'e, ni mi're, ni eidanls;il en est de même, au fond, pour la l'alrie el pour l'ilumanité', de (juchpies grandes lettres «pi'on oi'ne leurs noms. Ln resulte-t-il «pie l'individualisme nominalisle ait poiH' cela gain de cause, «pie ce soient les indivi-
dus à eux seuls, dans ce qu'ils ont dindividuel, qui, consliluant toute la réalité, constituent aussi tout Tobjet des devoirs et des droits?— Non, car Tindividuel pur échappe à la pensée : il est aussi indéterminé et indéterminable (|ue le pur universel. Nous n'avons de devoirs et de droits envers les individus ([n'en raison des finalités unirersalisables qui leur sont inhérentes et qui constituent des objch pensables pour tous. Si nous avons des obligations envers la patrie, c'est sans doute parce quelle est composée de nos compatriotes, mais c'est aussi parce qu'elle est la patrie, un ensemble organique distinct des autres ensendDles, un tout à la lois naturel et spirituel différent des autres touts plus restreints ou plus vastes. S'il n'y a pas de France sans Français, il n'y a pas de Français sans France. Mes compatriotes sont constitués non par leur individualité pure, mais par le degré de patrie qu'ils incorporent en eux. Quand des entants nés en France sont immédiatement passés à l'étranger, ils ont moins de patrie en eux que ceux qui, élevés en France, ont pris part, comme citoyens actifs, aux destinées du pays. De même, la personne morale est constituée par le degré de société qu'elle incorpore. V:y\ poète anglais a dit : « A moins que l'homme ne puisse, au-dessus de lui-même, s'élever lui-même, (luelle chose médiocre (|u'un homme! » C'est seulement la />c/"so/2/2e haussée ainsi au-dessus de soi, non V individu brut, qui est sujet et objet de devoirs ou de droits. L'individuel pur s'oiqiose à l'universel, mais \v personnel ne s'oppose nullement à l'impersonnel, puisqu'il a précisément poui' essence des élémenls impersonnels et vaut selon son degré d'iLUpersonnalité. Tant que nous ne considérons point ce que l'individu renferme d'impersonnel, c'est-tà-dire son pouvoir de penser, d'aimer, de vouloir autre chose que soi, nous n'avons rien de détermii (' ni de déterminable à quoi puissent s'attacher notre respect et notre amour. D'autre |)arL tant (\no dans l'impersonnel — vérité, beaut('', bien, — nous ne considérons pas ce
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qu'il y a de personnel où il puisse se réaliser, nous demeurons froids devant des abstractions qui ne pourront se déterminer qu'en s'individualisant. Les << droits de la vérité >• objective et les « di'oits du bien » sont ceux, des sujets réels qui peuvent concevoir la vérit;'' et vouloir le bien. Aucune des deux thèses oi)posées que nous examinons n'a donc de valeur sans l'autre; c'est par abstraction inétapliysi(|ue qu'on les sépare et, en les séparant, on les ruine. Dans l'expi'rience, l'individualité complète suppose la complète socialité : le bien, pour un être « raisoniuible », c'est la société universelle réalisée dans chacun de ses membres individuels.
SYNTlIKSi; IDLALi: UE L K(;(»TIS.M li liT I)K I, ALTIU I S.M i;
1. — D'après ce qui précède, ropposilion absolue du moi et du non-moi doit être dépassée |iar le moraliste comme par le psychologue et le sociologue. Point <le conscience du moi où ne viennent s'exprimer I" des phénomènes et des relations se rapportant à l'individu, "2" d'autres f)h(''nomènes ou relations (|ui ne seraj)|)ortent pasà l'individu et ont le caractère du. non-moi. Dès qu'il y a vie derelalion conscienie^ il y a donc le germe de l'altruisme, et dès qu'il y a société quelconque avec d'aid res êtres, il y a altruisme eirectil"; il ne peut y avoir société que là où il y a quelque solidarité, et il ne peut y avoir solidarit('' que l;i où il y ;i (pu'hpie direclion centrifuge. (Test p(»ur cela «lue l'altruisme est conteuqiorain de rétat social le plus primitif; bien plus, nous avons moidn* qu'il est conleinporain de l'ébil de conscience personnelle le i»lus clément aire.
Selon Schopenhauer, le moi constituerait l'élément du mal, pai* sa lend;iuce à chercher une salisf;iclion individuelle plus ou moins inun(''di;i(c. Schopenhauer
accorde à Pascal que le moi est haïssable et, qui plus est, principe de la liaine ; autrui est objet de la pitié ou de la sympathie, qui transH^rme la tendance personnelle en une direction universelle, seule morale. — Selon nous, on ne peut représenter ni moi ni autrui comme bons ou mauvais en soi. Dans Tamonr même, principe (les devoirs de bienfaisance, le bien de l'objet aimé n'est pas le seul poursuivi; tout n'y est pas objectif et intcUecluel : il y reste un (ond subjectif, qui n'est pas pour cela égoïste. L'amour, en elFet, veut être amour, se veut comme amour, se veut entier et complet. S'il est l'amour qu'une personne qui se respecte éprouve pour une autre qui est resi)cctée, l'amour se veut respectable, digne de son objet, mais digne aussi de lui-même, digne du sujet dont il est le sentiment et dont il fait la vie. On peut donc dire, en un sens profond, que l'amour d'autrui saime lui-même, s'aime d'autant plus qu'il est plus aimant. Là encore, il y a pour l'expéricncê un point où les opposés se fondent, où mon plus grand amour pour vous est aussi mon plus grand amour pour moi : car il s'agit alors de mon « moi su[.érieur », c'est-à-dire de ma personnalité impersonnelle, où je vis à la fois en moi et en autrui.
Le sacrifice même de soi apparaît comme étant, à un autre point de vue, l'extension de soi. Le moment où un être intelligent donne sa vie pour une idée-force ou pour d'autres êtres, le moment où il renonce à son moi fermé et exclusif, n'est-ce pas aussi celui où il dilate son moi jusqu'à y envelopper tout le reste? Il devient, en un sens, l'objet ou l'êlre auquel il se sacrifie. L'instant de sa mort est l'instant de sa vie suprême.
Le moi d'autrui, en tant que tel,peut-il vraiment être le but dernier du devoir et du droit? — Pas [)lus cpie le nôtre. D'ailleurs, si le moi d'un autre, comme tel, avait une valeur absolue pour moi, il l'aurait aussi pour cet autre, et mon moi, absolument valable [)0ur autrui, serait non moins valable i)our moi-même. Ce n'est donc
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pas rinilividiialité d'un inoi quelconque (|ui peul eoiistiluer un but dernier, ni en autrui ni en moi. C'est ee qu'admettent à la tin Schopenliauer et Hegel. L'altruisme i)in% d'autre i»art, devient un laux idéal du devoir et du droit si l'on entend par là (pie l'individu recherchera uniquement le bien des autres comme dilféreni de non propre bien (1). Poser cette diflerence comme absolument réelle et fondamentale, c'est l'aire erreur sur la nature du bien : c'est croire que votre vrai bien n'est pas mon vrai bien, que je puis chercher unif/iiemenl un bien des autres ((ui ne serait pas aussi esseidieliement le mien. Ne Udus laissons pas duper j)ar les al)sti'aclions : c'est pour mon bien (pie je veux votre bien ; réciproquement, c'est pour votre bien (pie je v(.'ux mon bien, car l'un ne va pas sans l'autre. « Insensé qui ci"ois (pie je ne suis pas toi ! - \a\ dislinetion entre moi et non-moi n'est donc, de sa nature, luillement morale: il peut y avoir un amour de soi bon et un amour de soi mauvais, un amour d'autrui l)on et un amour d'autrui mauvais, un moi haïssable et un moi aimable. .Moi et autrui, avec leurs int(''rèts et leurs désirs, ne sont, dans la conscience individuelle (pii les conçoit, (pie deux termes opposés au-dessus (les(piels la vraie moralité s'élève. Le monde idéal doit contenir à la l'ois, en les réconciliaid, des lins priv(''es et d(>s lins sociales.
II. — Le plu'nomène de fusion des individus, (pii donne naissance ;i loule moralib'. est aussi ancien dans l'histoire (pie la vie sociale. .Non seulement au sein de la famille primitive, mais enc(U'e dans la horde primitive, ou voit rindividii en f^'rande |tartie absori»'' [)ar le tout, dont il est un ('Icmeiit indissijluble. Certains sociologues ont même soiilenu (|ue ce sont les colleclivit('s primitives (pii réclamaient le |ilus de d(''vouemeiit ; le fait est contestable. Si, de nos jours, certaines sociétés
l\) \(.ir ~iir .(• l'oiril ltal<l\sin. Mm'.al hcve'.oiuncnl.
sauvages ou barbares, depuis longtemps organisées, exigent en elfet le sacrifiée de l'individu, est-il certain que, en remontant jusqu'à l'étal le plus antique de l'animal humain, on y trouverait une part croissante de dévouement? Ce qui est vrai, c'est que l'ordre social a depuis longtemps rendu nécessaire une certaine dose d'altruisme, d'abord étroit, puis de i)lus en j)liis large. L'intérêt |)ersonuel lui-même est aujourd'hui obligé de prendre une forme sociale : ne pouvant demeurer tout en soi, il doit s'agrandir, embrasser les autres dans une sphère où, jusqu'à un certain ]>oint, c'est l'intérêt de l'égoïsme que de devenir altruisme. I/égoïste ne peut se satisfaire qu'en rendant des services aux autres : i)Ius il élargit socialement la sjdière des services rendus, plus il se rend service à lui-même.
Kn outre, considéré en sa matière et en son contenu, l'égoïsme n'est pas fondé scientifiquement. L'idée expérimentale du moi, à l'analyse, se résout en une multitude d'éléments et môme, selon certains philosophes, le moi pur sei'ait un concept vide. S'il en est ainsi, l'égoïsme est-il, comme on le croiL d'ordinaire plus « simple » que les autres sentiments? Non, puisque le moi lui-même, du moins le moi empirique, n'est pas simple.
Toutefois, il importe de bien délimiter les légitimes conséquences des observations que nous venons de faire. L'idée du moi peut être psychologiquement un concept vide de tout objet sans que la direction concentrique des tendances, désignée par le mot égoïsme, soit elle-même psychologi(juement vide. Le moi |)eiit être composé, la propension égoïste peut être la résultante d'une multitude de tendances diverses ; il n'en est [tas moins vrai qu'il se produit, en détinilive, une gravitation naturelle dont le sens est parfaitement déterminé. Le « centre » de la terre est tout idéal, et la tendance qui pousse une pierre vers ce centre n'est qu'une résultante d'im|)ulsions innombrables : les pierres jetées par Galilée du haut de la tour de Pise n'en tombaient pas moins selon une verticale
déterminre et d'après des lois constantes. Vous aurez beau me dire que tel plaisir est, objectivement, un composé de myriades de sensations qui i)eut-L'lre ne sont pas toutes dirigées vers mon moi ; je répondrai que le moi empirique, composé ou non, celui (pii jouit de son plaisir, n'en est pas m;)ins réel et dislinet de tout le reste. Il faut donc se bornera conclure que l'égoïsme, en s'analysant par rintelligcMice et par la s?ience, ne peut niiinquer, sous certaius rap[>orts, de s'aitparaîlre à luimême comme objectivement absurde, comme contraire au point de vue universel de lapenst'e pliilosoplii(puM)u scientifique; ce qui introduit une perlui'bation inévitable dans la jouissance de l'égoïste. Linlelligence contrôle la sensibilité ; elle contrarie un eusemble d'impulsions sensibles à tendance égoïste par une impulsion à tendance universelle. Klle pose du même coup, en face de l'égoïsme, un problème relatif à la valeur linale de l'égoïsme même; et ce problème le frappe d'unc^ suspicion à laquelle il uo jieut plus se dér(d)er. Mnliii l'intelligence, par opj)Osition à l'égoïsme exclusif, nous montre dans le bien suprême la synthèse idéale do l'intt'i'èt du vrai mii et de riiil('rét dautrui, et cette synthèse devient pour la volont('' l'idt'e-fMi'ce i|ui tend îi se subordonner tout le reste.