‹ Moralistes anciensChapitre 104 sur 108 · ATTRIBUÉS A PYTHAGORE · texte numérisé non relu

ATTRIBUÉS A PYTHAGORE

Révère les dieux immortels, c*est ton premier devoir. Honore-les comme il est ordonné par la loi.

Respecte le serment. Vénère aussi les héros dignes de tant d'admiration, et les démons terrestres^; rends-leur le culte qui leur est dû.

Respecte ton père et ta mère, et tes proches parents.

Choisis pour ton ami l'homme que tu connais le plus vertueux. Ne résiste point à la douceur de ses conseils, et suis ses utiles exemples.

Grains de te brouiller avec ton ami pour une faute légère.

Si tu peux faire le bien , tu le dois : la puissance est ici voisine de la nécessité. Tels sont les préceptes que tu dois suivre.

^Lediea créateur, les cUeu immortels, les héros oa géides, lesdémoos terrestres, on les âmes qoi avaient appartena à des hommes vertneax, formaient la hiérarchie pythagoricienne. Elle a été augrnentée d»^ la suite par les platoniciens.

vn.

Prends l'habitude de commander k la gourmandise, au sommeil, à la luxure, à la colère.

VÏII.

Ne fais rien de honteux en présence des autres ni dans le secret. Que ta première loi soit de te respecter tol-mème.

Dt.

Que l'équité préside à toutes tes actions , qu'elle accompagne toutes tes paroles.

Que la raison te conduise Jusque dans les moindres choses.

Souviens-toi bien que tons les hommes sont destinés i la mort.

XU.

La Tortuoe se platt à changer : elle se laisse posr, elle s'échappe. Ëprouves-tu quelques-uns de Jvers que les destins font éprouver aux mortels? ] les supporter avec patience ; ne t'indigne pas 'e le sort. Il est permis de chercher à réparer nalheurs ; mais Sois bien persuadé que la fortune wie pas aux mortels vertueux des maux au-desle leurs forces.

xni.

ie tient pat-mi les hommes de bons discours et lauvaia propos. Ne ta laisse pas efi^-ayer par de s paroles : qu'elles ne te détournent pas des prohonnétes que tu as formés.

Tu te vois attaqué par le mensonge? prends patience, supporte ce mal avec douceur,

Observe bien ce qui me reste à te prescrire ; que personne par ses actions , par ses discours, ne puisse Rengager à rien dire , à rien faire qui doive te nuire un Jour.

Consulte-toi bien avant d*agir : crains, par trop de précipitation, d'avoir à rougir de ta folie. Dire et faire des sottises est le partage d'un sot.

xvir.

Ne commence rien dont tu puisses te repentir dans la suite. Garde-toi d'entreprendre ce que tu ne sais pas faire, et commence par ^instruire de ce que tu dois savoir. Cest ainsi que tu mèneras une vie déli-> cieuse.

Ne néglige pas ta santé : donne à ton corps , mais avec modération, le boire, le manger, l'exercice. La mesure que je te prescris est celle que tu ne saurais passer sans te nuire.

Que ta table soit saine, que le laxe en soit banni.

Evite de rien faire qui puisse t'attirer l'envie.

Ne cherche point à briller par des dépenses déplacées, comme si tu ignorais ce qui est convenable

beau. Ne te pique pas non plus d'une épargne excessive. Rien n*est préférable à la juste mesure qu*il faut observer en toutes choses.

N*entanie point un projet qui doive tourner contre toi-même : réfléchis avant d'entreprendre.

N'abandonne pas tes yeux aux douceurs du sommeil avant d'avoir examiné par trois fois les actions de ta journée. Quelle fauté ai-je commise? Qu'ai-je fait? À quel devoir ai-je manqué? Commence par la première de tes actions, et parcours ainsi toutes les autres. Reproche-toi ce que tu as fait de mal ; jouis de ce que tu as fait de bien ' .

Médite sur les préceptes que je viens de te donner, travaille à les mettre en pratique, apprends à les aimer. Us te conduiront sur les traces de la divine vertu; j'en jure par celui qui a transmis dans nos âmes le sacré quaternaire *, source de la nature éternelle.

* Cette maxime mérite bien de faire conserver avec respect les Yen dorés.

* Cliez les pythagoriciens , la monade on l'unité représente Dleo môme, pareequ'elle n*est engendrée par aucun nombre , qu'elle les engendre tous, qu'elle est simple et sans aucune composition. La dyade, ou le nombre deux, est limage de la nature créée, pareequ'elle est le premier produit de l'unité, pareequ'elle est composée, parceqn'ayantdes parties elle peut se décomposer et se dissoudre. La monade et la dyade réunies forment le ternaire, et représentent llnimensité de tout ce qui existe, l'être immuable, et la matière altérable et changeante. Jignore par quelle propriété le quaternaire, le nombre quatre, est encore un emblème de la divinité.

Ayant de rien commencer, adresse tes vœux aux immortels , qui seuls peuvent consommer ton ouvrage. Cest en suivant ces pratiques que tu parviendras à connaître par quelle concorde les dieux sont liés aux mortels, quels sont les passages de tous les êtres, et quelle puissance les domine. Tu connaîtras, comme il est juste, que la nature est, en tout, semblable à elle-même. Alors tu cesseras d'espérer ce que tu espérais en vain, et rien ne te sera caché '.

Tu connaîtras que les hommes sont eux-mêmes les artisans de leurs malheurs. Infortunés ! ils ne savent pas voir les biens qui sont sous leurs yeux ; leurs oreilles se ferment à la vérité qui leur parle. Combien peu connaissent les vrais remèdes de leurs maux! C'est donc ainsi que la destinée blesse l'entendement des humains! Semblables à des cylindres fragiles, ils roulent çà et là, se heurtant sans cesse, et se brisant les uns contre les autres.

La triste discorde, née avec eux, les accompagne toujours et les blesse, sans se laisser apercevoir. 11 ne faut pas lutter contre elle, mais la fuir en cédant.

XXVIU.

0 Jupiter, père de tous les humains, vous pourriez les délivrer des maux qui les accablent, et leur faire

* Pythagore croyait sans doute entendre tout cela, et tout le mr^ croyait aussi l'entendre dans son école.

connaître quel est le génie faneste auquel ils s'abandonnent.

. Mortel, prends une juste confiance. C'est des dieux mêmes que les humains tirent leur origine : la sainte nature leur découvre tous ses secrets les plus cachés. Si elle daigne te les communiquer, il ne te sera pas difficile de remplir mes préceptes. Cherdie des remèdes aux maux que tu endures ; ton ame recouvrera bientôt la santé.

Mais abstiens-toi des aliments que je t'ai défendus. Apprends à discerner ce qui est nécessaire dans la purification et la délivrance de Tame \ Examine tout, donne à la raison la première place, et, content de te laisser conduire, abandonne-lui les rênes.

Ainsi, quand tu auras quitté tes dépouilles mortelles, tu monteras dans Tair libre, tu deviendras un dieu immortel, incorruptible, et la mort n'aura plus d'empire sur toi.

* Les pythagoriciens croyaient, par ràbsUnence et les purifications, pouvoir ooiniiiimi<iiier avec les dieux, et participer à leur science. For* phyre nous apprend que de tristes contemplatifs se sont quelqoefob crevé les yenz pour mienz apercevoir la vérité intérieure en se détachant du spectacle des choses terrestres.

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