‹ Moralistes anciensChapitre 103 sur 108 · DE PYTHAGORE · texte numérisé non relu

DE PYTHAGORE

démons à inidi ; on pouvait invoquer les dieux à toute heure.

Ce qui est singulier, c'est que Pythagore liait sa morale à ce système hiérarchique. Nous devons , disait-il , aimer nos pères et nos mères, parce qu'ils nous repré* sentent les dieux immortels : nous devons aimer nos proches, parce qu'ils sont pour nous Timage des génies; et considérer dans nos amis les âmes heureuses qui, après avoir animé des corps mortels , sont admises dans les chœurs célestes «.

Cette hizarrerie n*empêche pas que Pythagore n'ait débité des maximes d^une morale très pure. Le^vers dorés, qui portent son nom et qui contiennent sa doctrine^ sont de Lysis, l'un de ses disciples. C'est un de ces monuments antiques que l'on conserve avec respect, précisément parcequ'ils sont antiques. D'ailleurs on aime à se prouver à soi-même, par des monuments multipliés , que la morale est une, qu'elle est de tous les temps , de tous les pays, et que l'homme ne peut enfreindre ses devoirs sans offenser la raison universelle d'où ils sont émanés. C'est ce qui fait le prix du plus grand nombre des sentences répandues dans ce volume.

Pythagore, au titre de sage, substitua celui de philosophe, ami de la sagesse. La vraie sagesse est une perfection de l'esprit et du caractère, dépendante en partie de l'organisation, perfectionnée par la méditation, l'étude et l'exercice : la philosophie devint une profession. C'aurait été du moins la première de toutes, si les Grecs ne l'avaient pas souvent dégradée par de la charlatanerie. La république romaine eut dans la suite des citoyens, des magistrats, des guerriers philosophes : plusieurs écrivirent des ouvrages philosophiques, plusieurs même eu-

' J*écoute avec respect Pythagore quand il m'ordonne de regarder mon père comme une image des dieux mêmes ; mate j&ne puis m'empé- Gher de le trouver un peu bizarre, cpiand il veut^pie Je regarde mes cousins oonunedes génies , et mes amis comme des âmes.

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