‹ Moralistes anciensChapitre 14 sur 108 · LEÇONS DE VERTU, — GHÀP. I · texte numérisé non relu

LEÇONS DE VERTU, — GHÀP. I

Ne point m'amuser à déclamer des harangues faites à plaisir.

N*ayoir pas la vanité de faire des exercices publics ou des largesses extraordinaires.

Laisser là Fétude de la rhétorique, de la poétique, du beau style.

N*étre jamais chez moi en robe de cérémonie. Éviter tout autre faste.

Écrire mes lettres en style simple, comme celle qu*il écrivit, de Sinuesse, à ma mère.

Pardonner les injures et les fautes au premier signe de repentir.

Lire avec attention, sans me contenter d*entendre à peu près.

Ne pas croire légèrement les grands parleurs.

Ce fut lui qui le premier me procura les discours mér morables d*Épictète, qu'il fit venir de sa maison \

D'Apollonius :

Être libre et ferme, sans irrésolution, sans regarder un seul moment autre chose que la droite raison. Être toujours le même dans les douleurs aiguës, la perte des enfants, les longues maladies.

11 fut pour moi un exemple vivant que le même homme peut être très vif et cependant être modéré au point de n'avoir jamais eu d'humeur en donnant ses leçons, et d'avoir regardé toute sa science et le talent qu'il avait de la communiquer comme le plus mince ornement de son être.

< Ce recueil d'Epictète est celui d*Arrien.

J'appris de lui cotnment il faut feceyoir les services que nos amis paraissent nous rendre : n*en être ni accablé, ni Ingrat.

DeSextus* :

Humanité; exemple de gouvernement paternel dans son domestique.

Attention à vivre conformément à la nature d'un homme.

Gravité sans affectation.

Recherche continuelle de tout ce qui pouvait plaire à ses amis.

Patience à supporter les sots et les discours vagues.

Se plier à tous lés caractères, au point de rendre sa conversation plus agréable que celle des flatteurs mêmes, et en même temps s'attirer la plus grande vénération.

Habileté à trouver et à disposer avec méthode les préceptes nécessaires pour bien vivre.

Jamais la moindre apparence de colère ni d'autre passion.

Ame imperturbable et cependant remplie des plus doux sentiments pour les autres^

Louant sans battre des mains; savant sans ostentation.

D'Alexandre le grammairien :

Ne reprendre personne avec rudesse et ne pas faire

* petit-fils <|e Plutarque.

LEÇONS De vertu. — chap. I. 20

de reproche à ceux à qui il échappe un mot hors d'usage, ou irrégulier, ou un mauvais accent ; mais sous Jpréteite de répondre ou de confirmer ce qui vient d*étre dit, ou simplement d'adopter la même idée^ placer adroitement le mot convenable, comme si on n'avait pensé qu'au sujet et non à l'expression, ou bien prendre un autre détour également fin et couvert pour faire sentir la faute.

De Fronton :

Considérer combien H régnerait d'envie, de duplicité, d'hypocrisie, dans la cour d'un prince tyran ; et qu'en général ceux que ncrus appelons patriciens sont plus éloignés que les autres hommes de rien aimer.

D'Alexandre le Platonicien : Ne pas dire ou écrire souvent, ni sans nécessité, à qui que ce soit : « Je n'ai pas le temps. » Ce serait Se refuser, sous prétexte d'af. faires, aux devoirs assidus qui naissent de nos rapports avec la société.

De Catulus : '

Ne point mépriser les plaintes d'un ami, fussentelles injustes ; mais marcher à le ramener et à dissiper toutes ses préventions.

Suivre l'exemple de Domitius et d'Athénodotus, qui faisaient les plus grands éloges de leurs précepteurs.

Aimer ses enfants d'une vraie et solide affection

Exhortation de Maximus :

Se rendre maître de soi ; ne se laisser agiter par rien.

S'armer de courage dans les maladies, dans tous les autre accidents.

Avoir des mœurs réglées, douces et graves.

Expédier toutes les affaires sans se plaindre d'en trop avoir.

Il faut qu'un prince donne lieu de croire que tout ce qu'il dit il le pense, et que tout ce qu'il fait est à bonne intention ; qu'il ne soit surpris ni étonné de rien, ni précipité, ni lent, ni irrésolu ; qu'on ne voie sur son visage ni abattement, ni affectation de sérénité, ni air de colère ou de défiance. Que toujours porté à faire du bien et à pardonner, et toujours vrai, ces vertus paraissent être nées avec lui, et non le fruit d'une étude qui ait redressé la nature. Que jamais personne ne se croie méprisé de lui, ni ne puisse se croire plus homme de bien. Que cependant il sache répandre à propos un sel agréable dans sa conversation.

J'ai l'obligation à mon bisaïeul maternel de n*étre point allé aux écoles publiques, d'avoir eu dans la maison ces excellents maîtres, et d'avoir appris que, pour de tels objets, il ne faut rien épargner.

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