‹ Moralistes anciensChapitre 20 sur 108 · PROVIDENCE. — CHAP. IV · texte numérisé non relu

PROVIDENCE. — CHAP. IV

point de rétemité. Toutes cboses sont petites, chan- \

géantes t périssables ; elles viennent toutes d'en haut;

•lies Tiennent de là raison universelle, ou itnmédiate-

nient, ou par suite d'une première volonté. La gueule

même des lions» les poissons, et tout ce qu'il y a de

malfaisant, sont, ainsi que les épines et la boue, des

suites ou des accompagnements de choses grandes et I

belles. Ne t'imagine donc pas que rien soit étranger

à celui que tu adores. Pense mieux à l'origine de

tout.

Autres observations à faire : les accidents même des corps naturels ont une sorte de grâce et d'attrait ; par exemple, ces parties du pain que la chaleur du feu a fait entr'ouvrir : car quoique ces crevasses se soient faites, en quelque manière, contre le dessein du boulanger, elles ne laissent pas de donner de Tagrément au pain, et d'exciter i le manger.

Les figues mftres se fendent ; les olives parfaitement mûres semblent approcher de la pourriture, et tout cela cependant ajoute un mérite au fruit.

Les épis courbés, les sourcils épais du lion, l'écume qui sort de la bouche des sangliers, et beaucoup d'au^ Ires objets semblables, sont fort éloignés de la beauté, ai op les considère chacun en particulier ; cependant, paroeque ces accidents leur sont naturels, ils contribuent à les orner, et l'on aime à les y voir.

Cest ainsi qu'un homme qui aura l'ame sensible , et qui sera capable d'une profonde réflexion, ne verra, dans tout ce qui existe en ce monde, rien qui ne soi^

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agréable à ses yeux, comme tenant, par quelque cdté,

à Tensemble des choses.

Dans ce point de vue, il ne regardera pas avec moins de plaisir la gueule béante dés bètes féroceS; que les images qu'en font les peintres et les sculpteurs. Sa sagesse trouvera dans les personnes Agées une sorte de yigueur et de beauté aussi touchantes pour lui que les grâces de Tenfance. II envisagera du même œil beaucotip d'autres choses qui ne sont p&s sensibles à tout le monde; mais seulement à ceux qui se sont rendu bien familier le spectacle de la nature et de ses différents ouvrages.

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