‹ Moralistes anciensChapitre 68 sur 108 · SUPPORTER LES HOMMES. — CHAP. XXVIII · texte numérisé non relu

SUPPORTER LES HOMMES. — CHAP. XXVIII

trouvant de la convenance et de Futilité. Mais, dirastii, ils se trompent. Détrompe-les donc, et instruis-les, mais sans te fâcher.

Les hommes ont été faits les uns pour les autres. Instruis-les donc, ou les supporte.

Qu'est-ce que la méchanceté ? C'est ce que tu as vu souvent. Ainsi à tout ce qui arrive en ce genre , dis-toi aussitôt : C'est ce que j'ai déjà vu plusieurs fois. Partout, haut et bas, tu trouveras les mêmes choses qui remplissent nos histoires, soit anciennes,

soit du moyen âge , soit modernes , les mêmes dont toutes les villes et toutes les familles sont pleines. Rien de nouveau ; tout est ordinaire et de bien courte durée.

Ne te lasse point de considérer que ce que tu vois faire à présent s'est toujours fait et se fera toujours ; et de te rappeler toutes les comédies, toutes les scènes de même genre que tu as vues, où que tu connais par l'histoire : par exemple , quelle fut toute la cour d'Adrien, toute la cour de Tite-Ântonici, toute la cour de Philippe, d'Âlexan(}re, de Crjésus. Tout cela n'était pas différent de ce que tu vois ; c'étaient seulement d'autres acteurs.

II n'y a point d'ame, dit Platon, qijii ne soit privée, malgré elle , de la connaissance de la vérité , et qui, par conséquent , ne soit privée ajyissi malgré elle des

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babiiudesf Puisque tu es si vif, guéris-le de ces habitudes.

xvin.

Dissipe, si tu le peux, leurs préjugés : et si tu ne le peux pas, souviens-toi que c'est pour eux que t*a été donné le sentiment de bienveillance. Les dieux même les aiment et contribuent (tant ils ont de bonté] à leur faire avoir de la santé, des richesses, de la gloire. Il ne tient aussi qu'à toi de leur vouloir du bien ; dismoi qui t'en empêche ?

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