‹ Moralistes français, pensées de Blaise PascalChapitre 204 sur 343 · RÉFLEXIONS CRITIQUES · texte numérisé non relu

RÉFLEXIONS CRITIQUES

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à cet égard que celui d'avoir fourni les situations et les canevas auxquels le musicien a fait recevoir la profonde empreinte de son génie. Ce sont sans doute les défauts de ce poëte et la faiblesse de SCS premiers ouvrages qui ont fermé les yeux de Despréaux sur son mérite ; mais Despréaux peut être excusable de n'avoir pas cru que l'opéra , théâtre plein d'irrégularités et de licences, çût atteint, en naissant, sa perfection. Ne penserions-nous pas encore qu'il manque quelque chose à ce spectacle, si les efforts inutiles de tant d'auteurs renommés ne nous avaient fait supposer que le défaut de ces poëmes était peut-être un vice irréparable? Cependant je conçois sans peine qu'on ait fait à Despréaux un grand reproche de sa sévérité trop opiniâtre'. Avec des talents si aimables que ceux de Quinault, et la gloire qu'il a d'être l'inventeur de son genre, on ne saurait être surpris qu'il ait des partisans très-passionnés, qui pensent qu'on doit respecter ses défauts mêmes. Mais cette excessive indulgence de ses admirateurs me fait comprendre encore l'extrême rigueur de ses critiques. Je vois qu'il n'est point dans le caractère des hommes déjuger du mérite d'un autre homme par l'ensemble de ses qualités : on envisage sous divers aspects le génie d'un auteur illustre ; on le méprise ou l'admire avec une égale apparence de raison , selon les choses que l'on considère en ses ouvrages. Les beautés que Quinault a imaginées demandent grâce pour ses défauts; mais j'avoue que je Toudrais bien qu'on se dispensât de copier jusqu'à ses fautes. Je suis fâché qu'on désespère de mettre plus de passion, plus de conduite , plus de raison et plus de force dans nos opéras, que leur inventeur n'y en a mis. J'aimerais qu'on en retranchât le nombre excessif de refrains qui s'y rencontrent , qu'on ne refroidit pas les tragédies par des puérilités, et qu'on ne fît pas des paroles pour le musicien , entièrement vides de sens. Les divers morceaux qu'on admire dans Quinault prouvent qu'il y a peu de beautés incompatibles avec la musique, et que c'est la faiblesse des poètes ou celle du genre qui fait languir tant d'opéras, faits à la hâte et aus>i mal écrits qu'ils sont frivoles.

' Boileau a cependant dit lui-même, dans la préface de la dernière édilio i de ses Œuvres , que , dons le lemps ou il écrivit contre Quinault , tous deux étaient I ?Yt Jeunes , et Quinault n'avait pas fal alors beaucoup d'ouvrages qui lui ont accjuis dans la suite it ne juste réputation. Ce ncv.l les expressions dont il se sert f'.

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