RICHELIEU
Rien n'est plus naturel, mon cher ami. Les hommes n'estiment guère que les qualités qu'ils possèdent.
MAZABIN.
Après tout cela , que pensez-vous de mon ministère et de mon génie?
BICHELIEU.
Votre ministère a souffert de justes reproclies , parce que vous aviez de grands défauts. Mais vous aviez en même temps un espiit supérieur à ces défauts mêmes ; vous joigniez à la vivacité de vos lumières une ambition vaste et invincible. Par I{\ vous avez surmonté tous les obstacles de votre carrière, et vous avez exécuté de grandes choses.
MAZARIN
Je ne laisse pas de reconnaître que vous aviez un génie supérieur au mien. Je vous surpassais
f>fS
VAUVENARGUES
peut-être en subtilité et en finesse ; mais vo«s m*avez primé par la hauteur et par la vigoureuse hardiesse de votre âme.
,, BICHELIBU.
Nous avons bien fait l'un et l'autre \ mais la fortune nous a bien servis.
^ Cela est vrai ; mais de moindres esprits n'auraient pas profité de leur fortune. La prosjpiérité n*est qu'un écueil pour les âmes faibles. ^^^.^ !
DIALOGUE XrV.