XVIII
Moïse était habile homtnie : cela est clair. Donc, s'il eût eu dessein de tromper , il eût fait en sorte qu'on n'eût pu le convaincre de tromperie. Il a fait tout le contraire ; car , s'il eût débité des fables , il n'y eût point eu de Juif qui n'en eût pu reconnaître l'imposture.
Pourquoi , par exemple , a-t-il fait la vie des premiers hommes si longue , et si peu de générations ? Il eût pu se cacher dans une multitude ûe générations, mais il ne le pouvait en si peu ; car ce n'est pas le nombre des années , mais la multitude des générations , qui rend les choses obscures.
La vérité ne s'altère que par le changement des hommes. Et cependant il met deux choses les plus mémorables qui se soient jamais imaginées, savoir, la création et le déluge, si proches, qu'on y touche par le peu qu'il fait de générations. De sorte qu'au temps où il écrivait ces choses , la mémoire devait encore en être toute récente dans l'esprit de tous les Juifs.
Sem, qui a vu Lamech , qui a vu Adam , a vu au moins Abraham ; et Abraham a vu Jacob, qui a vu ceux qui ont vu Moïse. Donc le déluge et la création sont vrais. Cela conclut entre de certaines gens qui l'entendent bien.
La longueur de la vie des patriarches , au lieu de faire que les histoires passées se perdissent , servait , au contraire , à les conserver. Car ce qui fait que l'on n'est pas quelquefois assez instruit dans l'histoire de ses ancêtres, c'est qu'on n'a jamais guère vécu avec eux, et qu'ils sont
morts souvent avant que Ton eût atteint l'âge de raison. Mais lorsque les homiiies vivaient si longtemps, les enfants vivaient longtemps avec leurs pères, et ainsi ils les entretenaient longtemps. Or, de quoi les eussent-ils entretenus, sinon de l'histoire de leurs ancêtres, puisque toute l'histoire était réduite à celle-là , et qu'ils n'avaient ni les science^, ni les arts qui occupent une grande partie des discours de la vie? Aussi l'on voit qu'en ce temp^-là les peuples avaient un soin pariicHilier *de Qoijserveip leurs- généalogies. .,,=..,, ^'; .j-.,; ;t-,\-p --vy: ./i':v>i K^^ -* *^
Plus j'examine les Juifs , plus j'y trouve de vérités; et cette marque qu'ils sont sans prophètes, ni roi, et qu'étant nos ennemis, ils sont d'admirables témoins de la vérité de ces- prophéties , où leur vie et leur aveuglement même est prédit. Je trouve en cette enchâssure cette religion toute divine dans son autorité , dans sa durée, dans sa perpétuité , dans sa morale, dans sa conduite , dans ses effets. Et ainsi je tends les bras à mon libérateur, qui , ayant été prédit durant quatre mille ans , est venu souffrir et mourir pour moi sur la terre dans les temps et dans toutes les circonstances qui en ont été prédites , et, par sa grâce, j'attends la mort en paix, dans l'espérance de lui être éternellement uni; et je vis cependant avec joie , soit dans les biens qu'il lui plaît de me donner, soit dans les maux qu'il m'envoie pour mon bien , et qu'il m'a appris à souffrir par son exemple.
Dès-là je réfute toutes les autres religions : par là je trouve réponse à toutes les objections. II est juste qu'un Dieu si pur ne se découvre qu'à ceux dont le cœur est purifié.
Je trouve d'effectif que, depuis que la mémoire des hommes dure , voici un peuple qui subsiste plus ancien que tout autre peuple. Il est annoncé constamment aux hommes qu'ils sont dans une corruption universelle , mais qu'il viendra un réparateur : ce n'est pas un seul homme qui le dit , mais une infinité , et un peuple entier prophétisant durant quatre mille ans.
'article IX.
Desfigv/res; que r ancienne loi était figurative.
Il y a des figures claires et démonstratives ; mais il y en a d'autres qui semblent moins na-
PKNSÉES Ï>E PASC\L
turelles, et qui ne prouvent qu'à ceux qui sont IHTsuadés d'ailleurs. Ces ft<^ures-lù seraient semblables à celles de ceux qui fondent des prophéties sur l'ApoeaJypse , qu'ils expliquent à leur fantaisie. Mais la différence qu'il y a, c'est qu'ils n'en ont point d'indui>itables <fui les appuient. Tellement qu'il n'y a rien de si injuste que quand ils prétendent que les leurs sont aussi bien fondées que quelques-unes des nôtres; car ils n'en ont pas de démonstratives comme nous en avons. La partie n'est donc pas égale. Il ne fdut pas égaler et confondre ces choses, parce qu'elles semblent être semblables par un bout, étant si différentes par l'autre.
Une des principales raisons pour lesquelles les prophètes ont voilé les biens spirituels qu'ils promettaient sous les figures des biens temporels, c'est qu'ils avaient affaire à un peuple charael, qu'il fallait rendre dépositaire du testament spirituel.
Jésus-Christ, figuré par Joseph, bien-aimé de son pèi'c , envoyé du père pour voir ses frères , est ' finnocent vendu par ses frères vingt deniers, et par là devenu leur seigneur, leui* sauveur, et le sauveur des étrangers, et le sauveur du monde ; ce qui n'eût point été sans le dessein de le pei-dre , sans la vente et la répî'ohation qu'ils en firent.
Dans la prison, Joseph innocent entre deux criminels : Jésus en la croix entre deux larrons. Joseph prédit le salut à l'un , et la mort à l'ajutre, sur les mêmes apparences : Jésus-Christ sauve l'un , et laisse l'autre , après les mêmes crimes. Jxjsepli ne fait que prédire : Jésus-Christ fait. Joseph demande à celui qui sera sauvé qu'il se souvienne de lui quand il sera venu en sa gloire ; et celui que Jésus -Christ sauve lui demande qu'il se souvienne de lui quand il sera en son royaume.
La grâce est la figure de la gloire ; car elle
^ Le mot est n'a-t-il point été transposé ici par erreur de copiste? Ne faudrait-il pas lire: Jésus-Christ est figuré par Joseph, hien-aimé de son père, envoyé du père pour voir ses frères, l'innocent vendu par ses frères vingt deniers, et le reste? Car cette circonstance des vingt deniers regarde Joseph , et non Jésus-Christ, qui fut vendu trente deniers. Tout ce qui suit regarde également Joseph ; le nom même de Sauveur du monde est celui qui fut doimé à Joseph , selon la Vulgate : Salvatorcm mundi (Gen. , XLI, 45). Tout cela regarde Joseph; et en tout cela Jésu^-Christ est figuré par Joseph. Voilà bien ce que l'auteur a voulu dire.
{Note de ledit, de 1787.)
n'est pas la dernière (In. Elle a été figurée par la loi, et elle figure elle-même la gloire; mais de telle manière , qu'elle est en même temps un moyen pour y arriver.
La synagogue ne périssait point, parce qu'elle était la figure de l'Égiise; mais parce qu'elle n'était que la ligure, elle est tombée dans la servitude. La figure a subsisté jusqu'à la vérité, afin que l'Église fût toujours visible, ou dans la peinture qui la promettait, ou dans l'effet.
Pour prouver tout d'un coup les deux Testaments , il ne faut que voir si les prophéties de l'un sont accomplies en l'autre. Pour examiner les prophéties, il faut les entendre; car si l'on croit qu'elles n'ont qu'un sens, il est sûr que le Messie ne sera point venu; mais si elles ont deux sens , il est sûr qu'il sera venu en Jésus- Christ.
Toute la question est donc de savoir si elles ont deux sens, si elles sont figures ou réahtés; c'est-à-dire s'il faut y chercher quelque auire chose que ce qui paraît d'abord, ou s'il faut s'arrêter uniquement à ce premier sens qu'elles présentent.
Si la loi et les sacrifices sont la vérité, il faut qu'ils plaisent à Dieu , et qu'ils ne lui déplaisent point. S'ils sont figures , il faut qu'ils plaisent et déplaisent.
Or, dans toute l'Écriture ils plaisent et déplaisent. Donc ils sont figures.
Pour voir clairement que l'Ancien Testament n'est que figuratif, et que par les twens temporels les prophètes entendaient d'autres biens, ii ne faut que prendre garde, premièrement, qu'il serait indigne de Dieu de n'appder les homnaes qu'à la jouissance des félicités temporelles ; secondement , que les discours des prophètes expriment clairement la promesse des biens temporels; et qu'ils disent néanmoins que leurs discours sont obscurs , et que leur sens n'est pas celui qu'ils expriment à découvert : qu'on ne l'entendra qu'à la fm des temps (JÉaÉM.,xxiii,22, et XXX, 24). Donc ils entendaient parler d'autres sacrifices, d'un autre libérateur, etc.
Enfin , il faut remarquer que leurs discours sont contraires et se détruisent, si l'on pense qu'ils n'aient entendu par les mots de loi et dc^
sacrifice autre chose que la loi de Moïse et ses sacrilices; et il y aurait contradiction manifeste et grossière dans leurs livres, et quelquefois dans un même chapitre. D'où il s'ensuit qu'il faut qu'ils aient entendu autre chose.
Il est dit que la loi sera changée ; que le sacrifice sera changé; qu'ils seront sans roi, sans princes et sans sacrifices; qu'il sera fait une nouvelle alliance; que la loi sera renouvelée; que les préceptes qu'ils ont reçus ne sont pas bons; que leurs sacrifices sont abominables; que Dieu n'en a point demandé.
Il est dit, au contraire, que la loi durera éternellement; que cette alliance sera éternelle ; que le sacrifice sera éternel; que le sceptre ne sortira jamais d'avec eux , puisqu'il ne doit point en sortir que le roi éternel n'arrive. Tous ces passages marquent-ils que ce soit réalité? Non. Marquent -ils aussi que ce soit figure? Non : mais que c'est réalité ou figure. Mais les premiers, excluant la réalité , marquent que ce n'est que figure.
Tous ces passages ensemble ne peuvent être dits de la réalité : tous peuvent être dits de la figure. Donc ils ne sont pas dits de la réalité , mais de la figure.
VIIÏ.
Pour savoir si la loi et les sacrifices sont réalité ou figure , il faut voir si les prophètes , en parlant de ces choses , y arrêtaient leur vue et leur pensée , en sorte qu'ils ne vissent que cette ancienne alliance , ou s'ils y voyaient quelque autre chose dont elles fussent la peinture ; car dans un portrait on voit la chose figurée. Il ne faut pour cela qu'examiner ce qu'ils disent.
Quand ils disent qu'elle sera éternelle , entendent-ils parler de l'alliance de laquelle ils disent qu'elle sera changée? Et de même des sacrifices, etc.
Les prophètes ont dit clairement qu'Israël serait toujours aimé de Dieu , et (|ue la loi serait éternelle; et ils ont dit que l'on n'entendrait point leur sens , et qu'il était voilé.
Le chiffre a deux sens. Quand ou surprend une lettre importante où l'on trouve un sens clair, et où il est dit néanmoins que le sens est voilé et obscurci ; qu'il est cac^ é en sorte qu'on
verra cette lettre sans la voir, et qu'on l'entendra sans l'entendre , que doit-on penser, sinon que c'est un chiffre à double sens , et d'autant plus qu'on y trouve des contrariétés manifestes dans le sens littéral? Combien doit-on donc estimer ceux qui nous découvrent le chiffre et nous apprennent à connaître le sens caché , et principalement quand les principes qu'ils en prennent sont tout à fait naturels et clairs? C'est ce qu'ont fait Jésus-Christ et les apôtres. Ils ont levé le sceau, ils ont rompu le voile et découvert l'esprit. Ils nous ont appris pour cela que les ennemis de l'homme sont ses passions ; que le Rédempteur serait spirituel; qu'il y aurait deux avènements, l'un de misère, pour abaisser l'homme superbe ; l'autre de gloire , pour élever l'homme humilié; que Jésus-Christ sera Dieu et homme,
Jésus-Christ n'a fait autre chose qu'apprendre aux hommes qu'ils s'aimaient eux-mêmes, et qu'ils étaient esclaves , aveugles, malades, malheureux et pécheurs ; qu'il fallait qu'il les délivrât , éclairât , guérît et béatifiât ; que cela se ferait en se haïssant soi-même , et en le suivant par la misère et la mort de la croix.
La lettre tue; tout arrivait en figure : il fallait que le Christ souffrit : un Dieu humilié , circoncision du cœur , vrai jeûne , vrai sacrifice , vrai temple, double loi, double table de la loi, double temple, double captivité : voilà le chiffre qu'il nous a donné.
Il nous a appris enfin que toutes ces choses n'étaient que des figures ; et ce que c'est que vraiment fibre, vrai Israélite, vraie circoncision, vrai pain du ciel , etc.
Dans ces promesses-lâ chacun trouve ce qu'il a dans le fond de son cœur; les biens temporels, ou les biens spirituels ; Dieu , ou les créatures ; mais avec cette différence que ceux qui y cherchent les créatures les y trouvent, mais avec plusieurs contradictions, avec la défense de les aimer, avec ordre de n'adorer que Dieu, et de n'aimer que lui ; au lieu que ceux qui y cherchent Dieu le trouvent, et sans aucune contradiction , et avec commandement de n'aimer que lui.
Les sources des contrariétés de l'Écriture sont
PENSÉES DE PASCAL
un Dieu humilié jusqu'à la mort de la croix, un Messie triomphant de la mort par sa mort, deux natures en Jésus-Christ, deux avènements, deux états de la nature de l'homme.
Comme on ne peut bien faire le caractère d'une personne qu'en accordant toutes les contrariétés, et qu'il ne suffit pas de suivre une suite de qualités accordantes sans concilier les contraires; aussi , pour entendre le sens d'un auteur, il faut concilier tous les passages contraires.
Ainsi, pour entendre l'Écriture, il faut avoir un sens dans lequel tous les passages contraires s'accordent. Il ne suffit pas d'en avoir un qui <îon vienne à plusieurs passages accordants, mais il faut en avoir un qui concilie les passages même contraires.
Tout auteur a un sens auquel tous les passages contraires s'accordent , ou il n'a point de sens du tout. On ne peut pas dire cela de l'Écriture, ni des prophètes. Ils avaient effectivement trop bon sens. Il faut donc en chercher un qui accorde toutes les contrariétés.
Le véritable sens n'est donc pas celui des Juifs; mais en Jésus-Christ toutes les contradictions sont accordées.
Les Juifs ne sauraient accorder la cessation de la royauté et principauté , prédite par Osée , avec la prophétie de Jacob.
Si on prend la loi , les sacrifices et le royaume pour réalité, on ne peut accorder tous les passages d'un même auteur, ni d'un même livre, ni quelquefois d'un même chapitre. Ce qui marque assez quel était le sens de l'auteur.
Il n'était point permis de sacrifier hors de Jérusalem, qui était le lieu que le Seigneur avait choisi , ni même de manger ailleurs les décimes.
Osée a prédit qu'ils seraient sans roi, sans prince, sans sacrifices et sans idoles; ce qui est accompli aujourd'hui, (les Juifs) ne pouvant faire de sacrifice légitime hors de Jérusalem.
Quand la parole de Dieu , qui est véritable, est fausse littéralement, elle^st vraie spirituellement. Sede a dextris meis. Cela est faux, littéralement dit; cela est vrai spirituellement. En ces expressions il est parlé de Dieu à la manière des hommes; et cela ne signifie autre chose, sinon que l'intention que les hommes ont en faisant asseoir à leur droite, Dieu l'aura aussi. C'est donc une
marque de l'intention de Dieu, et non de sa m/inière de l'exécuter.
Ainsi quand il est dit : Dieu a reçu l'odeur de vos parfums, et vous donnera en récompense une terre fertile et abondante; c'est-à-dire que la même intention qu'aurait un homme qui, agréant vos parfums, vous donnerait en récompense une terre abondante, Dieu l'aura pour vous, parce que vous avez eu pour lui la même intention qu'un homme a pour celui à qui il donne des parfums.
L'unique objet de l'Écriture est la charité. Tout ce qui ne va point à l'unique but en est la figure : car, puisqu'il n'y a qu'un but, tout ce qui n'y va point en mots propres est figure.
Dieu diversilie ainsi cet unique précepte de charité pour satisfaire notre faiblesse qui recherche la diversité, par cette diversité qui nous mène toujours à notre unique nécessaire. Car une seule chose est nécessaire, et nous aimons la diversité; et Dieu satisfait à l'un et à l'autre par ces diversités , qui mènent à ce seul nécessaire.
Les rabbins prennent pour figures les mamelles de l'épouse , et tout ce qui n'exprime pas l'unique but qu'ils ont des biens temporels.
Il y en a qui voient bien qu'il n'y a pas d'autre ennemi de l'homme que la concupiscence qui le détourne de Dieu , ni d'autre bien que Dieu , et non pas une terre fertile. Ceux qui croient que le bien de l'homme est en la chair , et le mal en ce qui le détourne des plaisirs des sens, qu'ils s'en soûlent , et qu'ils y meurent. Mais ceux qui cherchent Dieu de tout leur cœur, qui n'ont de déplaisir que d'être privés de sa vue , qui n'ont de désir que pour le posséder , et d'ennemis que ceux qui les en détournent ; qui s'affligent de se voir environnés et dominés de tels ennemis, qu'ils se consolent; il y a un libérateur pour eux, il y a un Dieu pour eux. Un Messie a été promis pour délivrer des ennemis ; et il en est venu un pour délivrer des iniquités , mais non pas des ennemis.
Quand David prédit que le Messie délivrera son peuple de ses ennemis, on peut croire charnellement que ce sera des Egyptiens; et alors je ne saurais montrer que la prophétie soit accom-
plie. Mais on peut bien croire aussi que ce sera des iniquités : car, dans la vérité, les Égyptiens ne sont pas des ennemis; mais les iniquités le sont. Ce mot d'ennemis est donc équivoque.
Mais s'il dit à l'homme, comme il fait, qu'il délivrera son peuple de ses péchés, aussi bien qu'Isaïe et les autres, l'équivoque est ôtée, et le sens double des ennemis réduit au sens simple d'iniquités : car s'il avait dans l'esprit les péchés , il pouvait bien les dénoter par ennemis ; mais s'il pensait aux ennemis, il ne pouvait pas les désigner par iniquités.
Or Moïse, David et Isaïe usaient des mêmes termes. Qui dira donc qu'ils n'avaient pas le même sens , et que le sens de David, qui est manifestement d'iniquités lorsqu'il parlait d'ennemis , ne fût pas le même que celui de Moïse en parlant d'ennemis ?
Daniel , chap. ix, prie pour la délivrance du peuple delà captivité de leurs ennemis; mais il pensait aux péchés : et pour le montrer , il dit que Gabriel vint lui dire qu'il était exaucé , et qu'il n'avait que septante semaines à attendre , après quoi le peuple serait délivré dïniquité, le péché prendrait fm; et le libérateur, le saint des saints, amènerait la justice éternelle, non la légale, mais l'éternelle.
Dès qu'une fois on a ouvert ce secret , il est impossible de ne pas le voir. Qu'on lise l'Ancien Testament en cette vue, et qu'on voie si les sacrifices étaient vrais, si la parenté d'Abraham était la vraie cause de l'amitié de Dieu , si la terre promise était le véritable lieu de repos. Non. Donc c'étaient des figures. Qu'on voie de même toutes les cérémonies ordonnées et tous les commandements qui ne sont pas de la charité, on verra que c'en sont les figures.