‹ Moralistes français, pensées de Blaise PascalChapitre 71 sur 343 · LV · texte numérisé non relu

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La haine pour les favoris n'est autre chose que l'amour de la faveur. Le dépit de ne la pas posséder se console et s'adoucit par le mépris que l'on témoigne de ceux qui la possèdent ; et nous leur refusons nos hommages, ne pouvant pas leur ôter ce qui leur attire ceux de tout le monde.

Pour s'établir dans le monde , on fait tout ce que l'on peut pour y paraître établi.

Quoique les hommes se flattent de leurs grandes actions, elles ne sont pas souvent les effets d*UD grand dessein, mais des effets du hasard \

Il semble que nos actions aient des étoiles heureuses ou malheureuses , à qui elles doivent une grande partie de la louange et du blâme qu'on leur donne.

Il n'y a point d'accidents si malheureux dont les habiles gens ne tirent quelque avantage, ni de si heureux que les imprudents ne puissent tourner à leur préjudice.

La fortune tourne tout à l'avantage de ceux qu'elle favorise =* .

Le bonheur et le malheur des hommes ne dépend pas moins de leur humeur que de la fortune.

La sincérité est une ouverture de cœur. On

' Far. Quoique la grandeur des ministres se flatte de celle d(; leurs aclions, elles sont bien .souvent les effets du hasard ou de quel(|ue petit dessein ( l«05— n'^ 66).

' Far. La forlune ne laisse lien perdre pour 1rs hon\me<* hnireux (KiOf.-n" O'J).

MAXIMES

la trouve en fort peu de gens j et celle que l'on voit d'ordinaire n'est qu'une flne dissimulation pour attirer la confiance des autres.

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