CCLXII
Il n'y a point de passion où l'amour de soimême règne si puissamment que dans l'amour ; et on est toujours plus disposé à sacrifier le repos de ce qu'on aime , qu'à perdre le sien.
* CCLXIIÏ.
Ce qu'on nomme libéralité n'est le plus souvent que la vanité de donner, que nous aimons mieux que ce que nous donnons ^ .
^ Far. Tous les sentiments ont chacun un ton de voix , un geste et des mines qui leur sont propres; ce rapport, bon ou mauvais, fait les bons ou les mauvais comédiens, cl c'est ce qui fait aussi que les personnes plaisent ou déplaisent ( I6fl5 — n° 278).
2 Far. Dans toutes les professions et dans tous les arts , chacun se fait une mine et un extérieur (ju'il met en la place de la chose dont il veut avoir le mérite ; de sorte que tout le monde n'est composé que de mines, et c'est inutilement que nous travaillons à y trouver rien de réel (IGG5— n° 279).
s Far. Il n'y a point de libéralilé; ce n'est que la vanilé «le donner (lue nous aimons tnieux (jue ce (jue nous donnons (\m'j~i\" 9.s(i).
iGS
MAXIMES
CCLXÏV.
La pitié est souvent un sentiment de nos propres maux dans les maux d'autrui. C'est une habile prévoyance des mallieurs où nous pouvons tomber. Nous donnons du secours aux autres, pour les engager à nous en donner en de semblables occasions; et ces services que nous leur rendons sont, à proprement parler, des biens que nous nous faisons ù. nous-mêmes par avance.
La petitesse de l'esprit fait l'opiniâtreté, et nous ne croyons pas aisément ce qui est au delà de ce que nous voyons ' .