‹ Moralistes français, pensées de Blaise PascalChapitre 95 sur 343 · IX · texte numérisé non relu

IX

Il faudrait pouvoii^ répojïdre de sa fortune, pour pouvoir répondre de ce que l'on fera (1665 — n° 70). , ; , , „„,

L'amour est à L'âme de celui qui aime, ce que l'âme est au corps qu'elle anime (1665 — n** 77).

CTeiTime on' n'est jamais en liberté d'aimer, ou èfe cesser d''aimer, Famant ne peut se plaindre avec justice de l'inconstance de sa maîtresse , ni elle de la légèreté de son amant ( 1 665 — n" 8 1 ) .

La justice dans les juges qui sont modérés , n'est que l'amour de l«ur érévatiion' (1665 — nf5'89')i*Û *î tfii ^tt -iUiUJù'! «! ^*-> .-rix-iv ■■

Quand nous sommes las d'aimer, nous sommes bien aises que l'on devienne infidèle pour nous dégager de notre fidélité' (1665 -n"" 85).

Le premier mouvement de joie que nous avons du bonheur de nos amis, ne vient ni de la bonté de notre naturel, ni de l'amitié que nous avons pour eux; c'est un effet de l'amour-propre , qui nous flatte de l'espérance d'être heureux à notre tour, ou de retirer quelque utilité de leur bonne fortune (1665 — n"* 97).

Dans l'adversité dé nos meiiîeufô amis, nous trouvons toujours quelque chose qui ne nous déplaît jpas (1665 —n'' 99).

Comment prétendbns-nouB qtt'un auti^e garde

' OïT ut dans les éditions de Bmtier et de M. de Fortia : pour nous déffager de noire inJldêlUé. Cependant les éditions rtte 1006', I67I eMfl75,dnnsles(jijcIIeR on retrouve encore celte pensée, sont conformes j< celle de irtfir>.

notre secret, si nous n'avons pas pu le gîu'dcr nous-mêmes (1665 — n° 100)! gi^rr iU>&'

U lorf) ]■;:>': 5!'? •;/ /■'^-.W? . <oï>- ;-« 3iî"mî>tîjjlni)<i Comme si ce n'était pas assez à l'amourpropre d'avoir la vertu de se transformer luimême, iî a encore celle de transformer les objets, ce qu'il fait d'une manière fort étonnante-; car non-seulement il les déguise si bien qu'il y est lui-même trompé , mais il change aussi l'état et la nature des choses. En effet, lorsqu'une personne nous est contraire, et qu'elle tourne sa haine et sa persécution contre nous, c'est avec toute la sévérité de la justice que l'amour-propre juge de ses actions : il donne à ses défauts une étendue qui les rend énormes, et il met ses bonnes qualités dans un jour si désavantageux , qu'elles deviennent plus dégoûtantes que ses défauts. Cependant dès que cette même personne nous devient favorable, ou que quelqu'un de nos intérêts la réconcilie avec nous, notre seule satisfaction rend aussitôt à son mérite le lustre que notre aversion venait de lui ôter. Les mauvaises qualités s'effacent , et les bonnes paraissent avec plus d'avantage qu'auparavant; nous rappelons même toute notre indulgence pour la forcer à justifier la guerre qu'elle nous a faite. Quoique toutes les passions montrent cette vérité, l'amour la fait voir plus clairement que les autres ; car nous voyons un amoureux , agité de la rage où l'a mis l'oubli ou l'infidélité de ce qu'il aime, méditer pour sa vengeance tout ce que cette passion inspire de plus violent. Néanmoins, aussitôt que sa vue a calmé la fureur de ses mouvements, son ravissement rend cette beauté innocente; il n'accuse plus que lui-même, il condamne ses condamnations; et, par cette vertu miraculeuse de l'amour-propre, il ôte la noirceur aux mauvaises actions de sa maîtresse, et en sépare le crime pour s'en charger luimême.

Il n'y en a point qui pressent tant les autres que tes paresseux lorsqu'ils ont satisfait à leur paresse, afin de paraître diligents (1666 — n" 91).

L'aveuglement des hommes est le plus dangereux effet de leur orgueil : il sert à le nourrir et à l'augmenter, et nous ôte la connaissance des remèdes qui pourraient soulager nos misères et nous gttéïir de nos défauts ( roo/i — n" 102).

184 PENSÉES /DB lh\

On n'a plus de raison, quand on rx'^jf^i-e pips d'en trouver aux autres (1665,—^*' iQ8]j,j^ '^f,.

XXI 'è.i'^él'T'Ùvàï

Les philosophes , et Sénèque sur tous , n'ont point ôté les crimes par leurs préceptes : ils n'ont fait que les employer au bâtiment de l'orgueil

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