CCCLXXXVI
ï point de gens qui aient plus souvent e œux qui ne peuvent souffrir d'en
cccLxxxvn.
n'a pas assez d'étoffe pour être bon.
cccLxxxvm.
anitë ne renverse pas entièrement les u moins elle les ébranle toutes.
• GGGLXXXIX.
nous rend la vanité des autres insupc'est qu'elle blesse la ndtre.
•CGGXa onoe (dus aisément à son intérêt qu'à
CCCXGI.
:une ne parott jamais si aveugle qu'à li elle ne feit pas de bien.
GGGXGn.
]pouvemer la fortune comme la santé ; uand elle est bonne, prendre patience î est mauvaise, et ne faire jamais de mèdes sans un extrême besoin.
GCGXGffl.
oui^eois se perd quelquefois à Tar- ( il ne se perd jamais à la cour.
GGGXGIY.
t être plus fin qu'un antre, mais non n que tous les autres.
GGGXGV.
pielquefois moins malheureux d'être î ce qu'on aime, que d'en être dé-
GGGXGVI.
le long-temps son premier amant»
9'en prend point de second.
ccGxcvn.
Nous n'avons pas le courage de dire en général que nous n'avons point de défauts» et que nos ennemis n'ont point de bonnes qualités; mais en détail nous ne sommes pas trop éloignés de le croire.
•GGGXGVni.
De tous nos défauts , celui dont nous demeurons le plus aisément d'accord, c'est de la paresse : nous nous persuadons qu'elle tient à toutes les vertus paisibles , et que sans détruire entièrement les autres, elle en suspend seulement les fonctions.
GGGXGK.
n y a une élévation qui ne dépend point de la fortune : c'est un certain air qui nous distingue et qui semble nous destiner aux grandes choses; c'est un prix que nous nous donnons imperceptiblement à nous-mêmes; c'est par cette qualité que nous usurpons les déférences des autres hommes , et c'est elle d'ordinaire qui nous met plus au-dessus d'eux que la naissance , les dignités et le mérite même.
GGGG.
Il y a du mérite sans élévation, mais il n'y a point d'élévation sans quelque mérite.
GGCa.
L'élévation est au mérite ce que la parure est aux belles personnes.
GGGGn.
Ge qui se trouve le moins dans la galanterie, c'est de l'amour.
GGGGm.
La fortune se sert quelquefois de nos défauts pour nous élever ; et il y a des gens incommodes dont le mérite serdt noal récompensé , si on ne vouloit acheter leur absence.
'GGGaV.
Il semble que la nature ait caché dans le fond
MAXIiMES
de notre esprit des talents et une habileté que nous ne connoissons pas : les passions seules ont le droit de les mettre au jour et de nous donner quelquefois des vues plus certaines et plus achevées 9 que Tait ne sauroit faire.
Nous arrivons tout nouveaux aux divei^s âges de la vie, et nous y manquons souvent d'expérience, malgré le nombre des années.
CCCCVI,
Les coquettes se font honneur d'être jalouses de leurs amants, pour cacher qu'elles sont envieuses des autres femmes.
ccccvn.
Il s'en fout bien que ceux qui s'attrapent à nos finesses ne nous paroissent aussi ridicules que nous nous le paroissons à nous-mêmes, quand les finesses des autres nous ont attrapés.
• CCCCVIII.
Le plus dangereux ridiaile des vieilles personnes qui ont été aimables, c'est d'oublier qu'elles ne le sont plus.
Nous aurions souvent honte de nos plus belles actions, si le monde voyoit tous les motifs qui les produisent.
Le plus grand effort de l'amitié n'est pas de montrer nos défauts à un ami, c'est de lui faire voir les siens.
On n'a guère de défauts qui ne soient plus pardonnables que les moyens dont on se sert pour les cacher.
Quelque honte que nous ayons méritée , il est presque toujours en notre pouvoir de rétablir notre réputation.
ccccxm.
On ne plait pas long-temi>s, quand on qu'une sorte d'esprit '.
Les fous et les sottes gens ne voient que leur humeur.
L'esprit nous sert quelquefois hardimc faire des sottises.
La vivacité qui augmente en vieillissant va pas loin de la folie.
ccccxvn.
En amour, celui qui est guéri le premie toujours le mieux guéri.
ccccxvm.
Les jeunes femmes qui ne veulent point roitre coquettes, et les hommes d'un âge ai qui ne veulent pas être ridicules, ne do jamais pai'ler de l'amour comme d'une chos ils puissent avoir part.
Nous pouvons paroitre gitinds dans un ploi au-dessous de notre mérite; mais paroissons souvent petits dans un emploi grand que nous.
Nous croyons souvent avoir de la cons dans les malheurs, lorsque nous n'avons q l'abattement; et nous les souffrons sans os regarder, comme les poltrons se laissent de peur de se défendi^e.
La confiance fournit plus à la conver que l'esprit.
' yar. C'est une grande pauvreté de n'aroir qu'ai d'esprit, (raiioffte indiquée par Brotier.)
DE LA ROCHEFOUCAULD. 189
CCCCXXn. I belles acÉDns que de les louer de bon cœur.
CCCCXXXIII.
es les passions nous font foire des fauais Famour nous en fait faire de plus
ccccxxra.
de gens savent être vieux.
CCCCXXIV.
s nous faisons honneur des défauts oppo- 3UX que nous avons ; quand nous sommes , nous nous vantons d'être opiniâtres.
)énétratiOn a un air de deviner, qui flatte otre vanité que toutes les autres qualités
prit.
- CCCCXXVI.
jrâoe de la nouveauté et la longue babiquelque opposées qu'elles soient, nous henl également de sentir les défauts de lis.
ccccxxvn.
plupart des amis déf;oûtent de l'amitié , plupart des dévots dégoûtent de la dé-
ccccxxvm.
is pardonnons aisément à nos amis les s qui ne nous regardent pas.
CCCCXXIX.
femmes qui aiment pardonnent plus aiséles grandes indiscrétions que les petites lités.
IS la vieillesse de l'amour, comme dans de l'âge, on vit encore pour les maux, on ne vit plus pour les plaisirs.
CCCCXXXI.
n n'empécbe tant d'être naturel que l'en- ) le paroitre.
ccccxxxn.
La plus véritable marque d'être né avec de grandes qualités, c'est d'être né sans envie.
CCCCXXXIV.
Quand nos amis n6us ont trompés, on ne doit que de l'indifférence aux marques de leur amitié ; mais on doit toujours de la sensibilité à leurs malheurs.
• ccccxxxv.
La fortune et l'humeur gouvernent le monde.
* ccccxxxvi.
Il est plus aisé de connoitre l'homme en général que de connoitre un homme in particulier.
* CCCCXXXVII.
On ne doit pas juger du mérite d'un homme par ses grandes qualités, mais par l'usage qu'il en sait faire.
ccccxxxvin.
Il y a une certaine reconnoissance vive qui ne nous acquitte pas seulement des bienfaits que nous avons reçus, mais qui fait même que nos amis nous doivent en leur payant ce que nous leur devons.
• CCCCXXXIX.
Nous ne désirerions guère de choses avec ardeur, si nous connoissions parfaitement ce que nous desirons.
Ce qui fait que la plupart des femmes sont peu touchées de l'amitié , c'est qu'elle est fade quand on a senti de l'amour.
Dans l'amitié, comme dans l'amour, on est souvent plus heureux par les choses qu'on ignore , que par celles que l'on sait.
CCCCXLÏT.
!St en quelque sorte se donner part aux Nous essayons de nous faire Honneur des
MAXIMES
débuts <|ae nous ne vouIods paa corriger.
CCCCXLin,
Les passions les plus violentes nous laissent quelquefois du relâche; mais la vanité nous agite toujours.
CCCCXLIV.
Les vieux fous sont plus fous que les jeunes.
La foiblesse est plus opposée à la vertu que le
vice.
CCCCXLVI.
Ce qui rend les douleurs de la bonté et de la jalousie si aigués, c'est que la vanité ne peut servir à les supporter.
•CCCCXLVn.
La bienséance est la moindre de toutes les lois , et la plus suivie.
CCCCXLVin.
Un esprit droit a moins de peine de se soumettre'aux esprits de travers » que de les conduire.
CCCCXLIX.
Lorsque la fortune nous surprend en nous donnant une grande place, sans nous y avoir conduits par degrés , ou sans que nous nous y soyons élevés par nos espérances , il est presque impossible de s*y bien soutenir et de parottre digne de l'occuper.
Notre orgueil s'augmente souvent de ce que nous retranchons de nos autres défauts.
Il n'y a point de sots si incommodes que ceux qui ont de l'esprit.
* CCCCLn.
D n'y a point d'homme qui se croie, en chacune de ses qualités, au-dessous de l'homme du monde qu'il estime le plus.
COGGLin*
Dans les grandes affaires , on doit moins pliquer à faire naître des occasions , qu'à fiter de celles qui se présentent.
n n'y a guère d'occasion où l'on fit un chant marché de renoncer au bien qu'o de nous , à condition de n'en dire point de
Quelque disposition qu'ait le monde à juger , il fait encore plus souvent grace.au mérite, qu'il ne fiiit injustice au véritable.
CCCCLVÏ.
On est quelquefois un sot avec de Fes) mais on ne l'est jamais avec du jugement.
CCCCLVII.
Nous gagnerions plus de nous laisser tels que nous sommes , que d'essayer de rottre ce que nous ne sommes pas.
CCCCLVin.
Nos ennemis approchent plus de k V( dans les jugements qu'ils font de nous, nous n'en approchons nous-mêmes*
D y a plusieurs remèdes qui guérissent l'amour ; mais il n'y en a point d mfaillible.
Il s'en faut bien que nous connoissions ce que nos passions nous font faire.
*CCCCLXI.
La vieillesse est un tyran qui défend, peine de la vie , tous lès plaisirs de la jeune
CCCCLXn.
Le même orgueil qui nous fait blâmer défauts dont nous nous croyons exempts , i porte à mépriser les bonnes qualités que i n'avons pas.
DE LA ROCHEFOUCAULD-
ccccLxni.
II y a souvent plus d'orgueil que de bonté à plaindre les malheurs de nos ennemis; c'est pour leur faire sentir que nous sommes audessus d'eux 9 que nous leur donnons des marques de compassion.
CCCCLXIV.
n y a un excès de biens et de maux qui passe notre sensibilité.
n s'en feut bien que l'innocence trouve autant de protection que le crime.
CCCCLXVI.
De toutes les passions violentes , celle qui sied le moins mal aux femmes , c'est l'amour.
ccccLxvn.
la vanité nous fait faire plus de choses oootre notre goût que la raison.
* CCCCLXVin.
n y a des méchantes qualités qui font de paods talents.
CCCCLXXm.