DB L'EDITION DE
Void un portrait du cœur de l'iioinroe qoe Je doQiie au public , sous' le nom de BéfleTûms oa Maximes morales. H court fortune de ne plaire pat à tout le monde , parœqu'on trouvera pept-étre q\|'0 ressemble trop, et qu'il ne flatte pas assei. Il ya apparence que l'intention do peintre n'a jamais été de faire parohre œt ouvrage, et qu'il seroit encore renfermé dans son cabinet si une yiéphante copie qui en a couru et qui a passé même depuis quelque temps en Hollande, n'avoit obligé un de ses ami| de m'en donner une autre, qu'il dit être tout-à-iait oonfonneâ l'original ; mais tout^ correcte qu'elle est, possible n'évilera-t-elle pas la censure de certaines personnes qql ne peuvent souffrir quel'on se mêle de pénétrer dans le fond de leur cœur, et qui croient être f§ droit d'empêcher que les autres les oonnoîssent , pareeqn'eiles ne veulent pas se connoltre elles-mêmes. U est vrai que , comme ces Maximes sont remplies de ces sortes de vérités dont l'orgueil humain ne se peut accommoder, il est presque impossible qu'il ne se souléfe contre elles, «t qu'elle^ ne s'attirent des censeurs. Aussi est-ce pour eux qtie je mets ici une LeUn que l'on m'a donnée , qui a t^ faite depuirque le manuscrit a paru , et dans le temps que diacnn se mêloit d'en dlire son Avis ; elle m'a semblé assez h^ pre pour répondre aux principales difficultés que Ip peut opposer aux RépexUms, et pour expliquer 1| sentiments de leur auteur : elle suffit pour faire que ce qu'elles contiennent n'est autre chose qt l'abrégé d'une morale conforme aux pensées de plasieurs Pères de l'Église , et que celui qui les a écrites a eu beaucoup de raison de croire qu'il ne'ponvMl s'égarer en suivant de si boos guides , et qu'il loi étoit permis de parler de J'homme connue les Pères en ont parlé; mais si le respect qui lear est éà n'est pas capable de retenir le chagpn des critiques , s'is ne font point de scrupule de condamner l'opinion de ces grands honAnes en condamnant ce livre , je piie le lecteur de ne les pas imiter, de ne laisser point entraîner son esprit au premier mouvement de son cœur, et de donner ordre , s')l est possible, <|ue ïtmoue-propre ne se mêle poîtitdans lejugementqu'Q en fera : car s'il le consulte , il ne (ant paas'attendre
PREMIER SUPPLÉMENT
qn'fl pdase être favorable à ces Maximes; comme elles traitent l'aoïoar-propre de oorrapteur de la raiflOD y il ne manquera pas de prévenir l'esprit contre elles, n faut donc prendre garde que cette prévention ne les justifie , et se persuader qu'il n'y a rien de plus propre à établir la vérité de ces Réflexions , que la cbaleur et la subtilité que l'on témoignera pour les combattre. En effet , il sera difficile de bire croire à tout bomme de bon sens, que l'on les condamne par d'antre motif que par celui de l'intérêt CM^é^ de l'orgueil et de l'amour-propre. En un mot, le meUleur parti que le lecteur ait à prendre , est de se mettre d'abord dans l'esprit , qu'il n'y a aucune de ces Bfaximes qui le regarde en particulier, et qu'il en est seul excepté, bien qu'elles paroîssent générales. Après cela , je lui réponds qu'il sera le premier à y souscrire, et qu'il croira qu'elles font encore grâce an oceur bumam. Yoilà ce que j'avois à dire sur cet écrit en général : pour ce qui est de la métliode que l'on y eût pu observer, je crois qu'il eût été à désirer que diaque Maxime eût eu un titre du sujet qu'elle traite , et qu'elles eussent été mises dans un plus grand ordre; mais je ne l'ai pu fiiire sans renverser entièrement celui de la copie qu'on m'a donnée; et comme il y a plusieurs Maximes sur une même matière , ceux à qui j'en ai demandé avis , ont jugé qu'il étoit plus expédient de faire une Table à laquelle on aura recours pour trouver celles qui traitent d'une même chose.