AVIS AU LECTEUR
Dl L'ÉDITiOll Dl 1686.
Mon cher Lbcteur,
^ Voîd une seconde édition des RéflexUrns morales fpe vous trouverez sans doute plus correcte et plus «acte en toutes fiiçons que n'a été la première. Ainsi, vous pouvez maintenant en faire tel jugement que vous voudrez sans que je me mette en peine de tâcher à vous prévenir en leur feveur, puisque si elles sont telles que je le crois , on ne pourroit leur faire plus de tort que de se persuader qu'elles eussent besoin d'apologie. Je me contenterai de vous avertir de deux choses : l'une, que par le mot d'intérêt, on D'entend pas toujours un ûitérêt de bien , mais le plus souvent un intérêt d'honneur ou de gloire ; et l'autre, qui est la principale et comme le fondement de toutes œs Réflexions , est que celui qui les a faites n'a considéré les hommes que dans cet état déplorable de la nature corrompue par le péché ; et qu'ainsi la manière dont il parie de ce nombre infini de défeuts qui e rencontrent dans leurs vertus apparentes, ne re-
garde point ceux qœ Dieu en préserve par une grâce particulière.
Pour ce qui est de l'ordre de ces Réflexions, vous n'aurez pas peine à juger, mon cher Lecteur, que comme elles sont toutes sur des matières différentes, il étoit difficile d'y en observer. Et bien qu'U y en ait plusieurs sur un même sujet, on n'a pas cru les devoir mettre de suite , de crainte d'ennuyer le lecteur;^mais on les trouvera dans la Table.
PENSÉES