CHAPITRE XVI (i
De la mperstifion.
}jà superstition semble n'être autre chose qu'une crainte mal réglée de la Divinité. Un homme superstitieux , après avoir lavé ses mains (2), s'être purifié avecde l'eau lustrale (5) , sortdu temple, et se promène une grande partie du jour avec une feuille de laurier dans sa bouche. S*il voit une belette , il s'arrête tout court; et il ne continue pas de marcher que quelqu'un n'ait passé avant lui par le même endroit que cet animal a traversé, ou qu'il n'ait jeté lui-même trois petites pierres dans le chemin, comme pour éloigner de lui ce mauvais présage. En quelque endroit de sa maison qu'il ait aperçu un serpent , il ne diffère pas d'y élever un autel (4) ; et, dès qu'il remarque dans les carrefours de ces pierres que la dévotion du peuple y a consacrées (S) , il s'en approche, verse dessus toute l'huile de sa fiole , plie les genoux devant elles , et les adore. Si un rat lui a rongé un sac de farine , il court au devin, qui ne manque pas de lui enjoindre d'y faire mettre une pièce; mais bien loin d'être satisfait de sa réponse, effrayé d'une aventure si extraordinaire , il n'ose plus se scr-
LES CARACTÈRES DE THÊOPHRASTE
d'œll de l'enTleax. On troareni plmieim passages anciflus sur rinfloence maligne que l'on altribaoit à ce coup d'œil, dans les ooinmentateurs de ce yen des Bucoliques de YirgU0(ed.iii,f. 105):
Sfescia qais teneros oculus mihi Eascinat agnoi.
L'eau de mer étoU regardée comme la plus convenaMe aux pnriflcakiODs. (Toyez Anacharsis» tiâç, xxi; et Duport , dans les notes du commencement de ce chapitre.)
(12) Espèce d*ognon marin. {La Bruytre,) Le traducteur a inséré dans le texte la manière dont il croyoit que cette expiation se faisoit; mais il parott que le chien sacrifié n'ctoit que porté autour de la personne qu'on Tonloit purifier, et la squflle étoit vraisemblableaiant brûlée.
(15) Le grec ajoute même dans l'anden texte i « Ou uir « homme dont l'esprit est aliéné. »