‹ Moralistes françoisChapitre 173 sur 309 · DE L'AVARICE · texte numérisé non relu

DE L'AVARICE

ocfaus des guirlandes ou des bandelettes foid'éoorce de bois (5), et il fait grav^ soii^nom * un présent si magnifique. Quelquefois, dans temps difficiles , le peuple est obligé de s'asnbler pour régler une contribution capable subvenir aux besoins de la république; alors te lève et garde le silence (4), ou le plus souat il fend la presse et se retire. Lorsqu'il ma- \ sa fille, et qu'il sacrifie, selon la coutume, n'abandonne de la victime que les parties nies qui doivent être brûlées sur l'autel (3); réserve les autres pour les vendre ; et comme manque de domestiques pour servir à table et re chargé du soin des noces (6), il loue des tns pour tout le temps de la fête, qui se nourrisut à leurs dépens, et à qui il donne unecertaii somme. S'il est capitaine de galère , voulant énager son lit, Use contentedeooucherindifféimment avec les autres sur de la natte qu'il emrunte de son pilote (7). Vous verrez une autre ^is cet homme sordide acheter en plein marché es viandes cuites, toutes sortes d'herbes, et » porter hardiment dans son sein et sous sa obe : s'il l'a un jour envoyée chez le teinturier M>ur la détacher, comme il n'en a pas une seonde pour sortir, il est obligé de garder la hambre. U sait éviter dans la place la rencontre l'un ami pauvre qui pourroit lui demander, »mine aux autres, quelque secours (8) ; il se déoume de lui, et reprend le chemin de sa maison. I ne donne point de servantes à sa femme (9), entent de lui en louer quelques unes pour Tacx>mpagner à la ville toutes les fois qu'elle sort. !]nfin ne pensez pas que ce soit un autre que ui qui balaie le matin sa chambre , qui fasse ion lit et le nettoie. U faut ajouter qu'il porte un nanteau usé, sale et tout couvert de taches; [u'en ayant honte lui-même, il le retourne |uand il est obligé d'aller tenii* sa place dans luelque assemblée (10).

NOTES

(I) La définition de cette nouyelle nuance d'ayarice est crtaiiiement altérée dans le grec; je crois qull feut ooiv iger c(cov9ca 9<X (T. ixo^jv^ç : le sens alors est celui que JL Bruyère a exprimé , et nul autre ne peut convenir à ce araclèrc. La préposition àicb peut avoir été exprimée par me ligature qu'un copiste a prise pour xtpi ; un correcteur i mis la véritable à la marge ; et on l'a insérée par erreur

à la place où on la trouve h présent dans les manuscrits , et où eOe ne forme qu'un bartiarisme.

(2) Qu'il a ftiite ou récitée. (La Bruyère. ) Ou plutôt qu'il a fiiit jouer par des comédiens nourris et instruits à ses firals. Voyez le caractère de la Magnificmce , sdon Aristote , que j'ai placé à la suite des Caractères de Théophraste , et qu'il sera intéressant de comparer avec ce chapitre.

(5) Le texte dit simplement : c II consacre à Baochns < une couronne de bois ^^sur laquelle H fait graver son c nom. 9

(4) Ceux qui vonloient donner se levoient et oflh>ient une somme : ceux qui ne vonloient rien donnar se levoient et se taisoient. ( La Bruyère, ) Voyei le chap, lvi du jeuiM Anacharsis,

(5) G'étoient les cuisses et les hitestfais. (la Bruyère.) On partageoit la victhne entre les dieux , les prêtres et ceux qui l'avoient présentée. La portion des dieux étoit brûlée , celle des prêtres faisoit partie de leur revenu , et la troisième servoit à un festin ou à des présents donnés par celui qui avoit sacrifié. ( Voyage du jeune Anacharsis , chap. XXI. >

(6) Cette raison est ajoutée par le traducteur. Le grec dit seulement : c II oblige les gens qu'il loue, pour servir c pendant les noces , à se nourrir ches eux. » Les noces des Athéniens étoient des fêtes très magnifiques ; et on ne pouvoit pas reprocher à un homme de n'avoir pas asseï de domestiques pour servir dans cette occasion; mais c'étoit une lésinerie que de ne pas nourrir ceux qu'on louoiU

(7) Le grec dit : « S'il commande une galère qu'il a c fournie à l'état, il fiait étendre les couvertures du pilote € SOUS le pont, et met les siennes en réseA^e. » Les citoyens d'Athènes étoient obligés d'équiper un nombre do galères proportionné à l'état de leur fortune. ( Voyez le Voyage du Jeune Anachatsis» chap. lvi. ) Les triérarques avoient un cabinet particulier nommé la tente; mais cet avare aime mieux coucher avec l'équipage, sous ce morceau de tillac qui se tronvoit entre les deux tours. T. Pollux, I, 90. Dans les galères modernes, les chevaliers de Malte avoient, comme les triérarques d'Athènes, un tet^ delei; et le capitaine oouchoit, comme ici le pilote, sons un bout de pont ou de tillac qui s'appeloit la teuque.

Le manuscrit du Vatican ajbnte : « Il est capable de ne c pas envoyer ses enfants à l'école vers le temps où il est « d'usage de faire des présents au maître ; mais de dire c qu'ils sont malades , afin de s'épargner cette dépense. »

(8) Par 'forme de contribution. (Voyez les chapitres de la Dissimulation et de l'Esprit chagrin. La Brtiyère. ) ( Voyez chap. i , note 5 , et chap. xvii , note 6. ) Le manuscrit du Vatican ajoute au commencement de cette phrase : «c S'il est "prévenu que cet ami fait une coUecte ; > et à la ÛD , «Et rentre chez lui par un grand détour. »

(9) Le manuscrit du Vatican ajoute : c Qui lui a porté

LES CARACTÈRES DE THÊOPHRASTE

< ano dot coniklériMtf » et continiie : c Hais iLkme nat c jeune fille ponp la soiTre dans ses sortâes ; » caf je crois que c'est ainsi qu'il fout corriger et entendre ce texte. Le passage de PoUnx, que j'ai cité au cbap. n , note 6 , s'oppose à la manitee dont M. Schneider a tooIu y snppléôr : Û est bien plus simple tie lire, it r»v ywMMtbiv nouféuv^ et c'est un trait d'à? arioe de plps de ne louer qu'unefeoune. Cette conjecture ingénieme est de M. Vtsconti. Le manuscrit du Vatican ajoute encore : c 11 porte des souliers rac» € commodes et à double semelle , et s'en vante en disant tr qu'Ai sont anssi dors que de la oonie.»( Voyez cbap. iTy note 2.)

(10) Ce dernier Irait est tout4-feit altéré par cette tradnetion , et il nMh semble qu'aucun éditeor n'en a encore saisi le YéritaUe sens. Le grec dit »c PcNir s'asseoir, il roule « le vieux manteau qu'il porte lui^éme ; > c'est-*-dire , au lieu de se fiiire suivre par un esdave qui porte un pliant, comme c'étdt l'usage des riches (Toyex Aristophane In JE^ttit., V. 1581 et sulr:, et Hésych., In Okiad. ), U épargne oette dépense en s'asseyent sor son Tlenx manteao.

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