‹ Moralistes françoisChapitre 174 sur 309 · CHAPITRE XXIK · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIK

De tostenUUion.

Je n*esUme pas que Ton puisse donner use idée plus juste de Tosleiitationt quen dieant que c'est dans rhomme une passion de faire montre d'un bien ou des avantages qu'il n*a pas. Celui ^n^qui elle domine s'arrête dans l'endroit du Pirëe (1) où les marchands étalent , et où se trouve un plus grand nombre d'étrangers; il entre en«matièfe avec eux, il leur dit qu'il a beaucoup d'argent sur la mer; il discourt avec eux des avantages de ce commerce, des gains immenses qu'il y a à'espérer pour ceux qui y entrent, et de ceux sur-tout que lui qui leur parle y a faits (2). II aborde dans un voyage le premier qu'il trouve sur son chemin , lui fiait compagnie, et lui dit bientôt qu'il a servi sous Alexandre (3), quels beaux vases et tout enrichis de pierreries il a rappq^tés de l'Asie, quels excellents ouvriers s'y rencontrent , et combien ceux de l'Europe leur sont inférieurs (4). H se vante dans une autre occasion d'une lettre qu'il a reçue d'Antipater (5), qui apprend que lui troisième est entré dans la Macédoine. Il dit une autre fois que , bien que les magistrats lui aient permis teb trai^ports de bois (6) qu'il lui plairoit sans payer de tribut, pour éviter néanmoins l'envie du peuple, il n'a point voulu user de ce privilège. 11 ajoute que, pendant une

grande cberté de vivres , il a distritnië aux pauvre^ citojreos d'Athènes jusqu'à la somme de cinq talents (7); et , s'il parle à des gens qu'il œ connoît point , et dont il n'est pas nnîeux oonna, il leur fiait prendre des jetons , compter le bre de ceux à qui il a fait ces largesses; quoiqu'il naonte à plus de six cents personnes il leur donne à tous des noms convenables ; et, après avoir supputé les sommes particulièies qu'il a données à chacun d'eux , il se trouve qu'A en résulte le double de ce qu'il pensoit , et qie dix talents y sont emi^byés, sans compter, poursuit-il , les galères que j'ai armées à ses dépens, et les charges publiques que j'ai ese^ oées à mes frais et sans récompense (8). Cet homme fastueux va chez un fameux marchand de chevaux , fiait sortir de l'écurie les plus besni et les meilleurs, fait ses offres, comme s'il looloit les acheter. De même il visite les foires ks plus célèbres (9), entre sons les lentes des marchands , se fiait déployer une riehe robe, et qii vaut jusqu'à deux talents ; et il sort en querellant son valet de ce qu'il ose le suivre sans porter de l'or sur lui pour les besoins où Ton se trouve (10). Enfin , s'il habite une maison dont il paie le loyer, il dit hardiment à quelqu'un qui rignore que c'est une maison de familfe, et qu'il a héritée de son père; mais qu'il veut s'en défiaire , seulement parœqu'elle est trop petitepour le grand nombre d'étrangers qu'il relire chez lui (11).

NOTES

(f ) Port à AUiènes, fort célèbre. ( ta Brwgère. ) Le traducteur a exprimé par cette phrase une oorraelion de G»sanbon que peut-être le teite n'exigeoit point; le mol <|ne donnent les manuscrits signifie la langue de terre qui joist la péninsule du Pirée au continent , et qui seiroit de promenade aux Athéniens.

\2) Le manuscrit du Vatican ajoute , <r Et des pertes; • et continue , « Et en se yantant ainsi , U enroie son esdave c à un comptoir où il n'a qu'une drachme à toudier. *

(5) Tous les manuscrits partent Érundre, nom que l'oa ne trouve point dans l'histoire de ce temps. Le mannsoft du Vatican ajoute , « Et comment U étoit avec lui. >

(4) C'était contre l'opinion commune de toute la GrfeoS' (La Bruyère, ) Cependant on Msoit Tenir de rAiie ptr sienn articles de manufiKtures ( yoyes le Voyage 4ujt^ Anachartis, chap. xx et lt ); et ce n'est qne dsoi 1^ beaux-arts que les Grecs paroissent afoir eu une lopéHorité exclusiv<^.

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