‹ Moralistes françoisChapitre 195 sur 309 · CONSEILS A UN · texte numérisé non relu

CONSEILS A UN

rendus à eux-mêmes , le tempérament eroit bientôt à leurs principes^ et vous >ît plus contraires.

qu'il y a toujours, dans le cours de aucoup de choses qu*il feut hasarder, mp d'autres qu'il faut mépriser : et en cela votre raison et vos forces, iptez sur aucun ami dans le malheur '. iite votre confiance dans votre courage )s ressources de votre esprit. Faîtesse peut, une destinée qui ne dépende i bonté trop inconstante et trop peu

des hommes. Si vous méritez des

, si vous forcez le monde à vous esti-

t gloire suit votre vie, vous ne man-

d'amis fidèles, ni de protecteurs, ni

:eurs.

lonc d'abord par vous-même , si vous )us acquérir les étrangers. Ce n'est le ame courageuse à attendre son sort le faveur et du seul caprice d'autrui« m travail à lui £ûre une destinée digne

ressèment des hommes à se rechercher t leur facilUé à se dégoûter.

que je vous avertisse d'une chose, cher ami : les hommes se recherchent )is avec empressement, mais ils se déisément les uns des autres ; cependant ; les retient long-temps ensemble après goût est usé. I^ plaisir, Tamitié, Tesis fragiles), ne les attachent plus; Thas asservit. Fuyez ces commerces stém l'instruction et la confiance sont le cœur s'y dessèche et s'y gâte ; l'î- )n y périt , etc.

yez toujours néanmoins avec tout le i douceur de vos sentiments. Faitesétude de la patience, et sachez céder Q, comme on cède aux enfants qui n'en capables >, et ne peuvent vous offen-

rgnes ne veut point dire ici qu*U n*est point d'ami le espérer de conserver dans le malheur, mais que ce n'est point sur ses amis qu'il faut se rele malheur, et qu'on doit tirer ses ressources de

vaan est q^gligéc. S.

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ser. Abandonnez surtout aux hommes vains cet empire extérieur et ridicule qu'ils affectent : il n'y a de supériorité réelle que celle de la vertu et du génie.

Voyez des mêmes yeux, s'il est possible, l'injustice de vos amis; soit qu'ils se familiarisent par une longue habitude avec vos avantages, soit que par une secrète jalousie ils cessent de les reoonnoitre, ils ne peuvent vous les faire perdre. Soyez donc froid là-dessus : un favori admis à la familiarité de son maître , un dômes* tique, aiment mieux dans la suite se faire chasser que de vivre dans la modestie de leur condition. C'est ainsi que sont faits les hommes; vos amis croiront s'être acquis par la connoissance de vos défauts une sorte de supériorité sur vous ; les hommes se croient supérieurs aux défauts qu'ils peuvent sentir : c'est ce qui fait qu'on juge dans le monde si sévèrement des actions, des discours, et des écrits d'autrui. Mais pardonnez-leur jusqu'à cette connoissance de vos défauts, et les avantages frivoles qu'ils essaieront d'en tirer : ne leur demandez pas la même perfection qu'ils semblent exiger de vous. U y a des hommes qui ont de l'esprit et un boti cœur, mais remplis de délicatesses fatigantes; ils sont pointilleux, difficiles, attentif^, défiants, jaloux; ils se fâchent de peu de chose, et auroient honte de revenir les premiers : tout ce qu'ils mettent dans la société , ils craignent qu'on ne pense qu'ils le doivent. N'ayez pas la foiblesse de renoncer à leur amitié par vanité ou par impatience, lorsqu'elle peut encore vous être utile ou agréable ; et enfin , quand vous voudrez rompre, faites qu'ils croient eux-mêmes vous avoir quitté.

Au reste , s'ils sont dans le secret de vos affaii'es ou de vos foiblesses , n'en ayez jamais de regret. Ce que l'on ne confie que par vanité et sans dessein, donne un cruel repentir; mais lorsqu'on ne s'est mis entre les mains de son ami que pour s'enhardir dans ses idées, pour les corriger, pour tirer du fond de son cœur la vérité , et pour épuiser par la confiance les ressources de son esprit, alors on est payé d'avance de tout ce qu'on peut en souffrir.

VAUVENARGUES

Vffl.

Sur le mépris des petites finesses.

Que je vous estime, mon très cher ami, de mépriser les petites finesses dont on s*aide pour en imposer! Laissez-les constamment à ceux qui craignent d'être approfondis, qui cherchent à se maintenir par des amitiés ménagées, ou par des froideurs concertées , et attendent toujours qu'on les prévienne. Il est bon de vous faire une nécessité de plaire par un vrai mérite , au hasard même de déplaire à bien des hommes : ce n*est pas un grand mal de ne pas réussir avec toute sorte de gens , ou de les per* dre après les avoir attachés. Il faut supporter^ mon ami , que Ton se dégoûte de vous, comme on se dégoûte des autres biens. Les hommes ne sont pas touchés long-temps des mêmes choses ; mais les choses dont ils se lassent n*en sont pas , de leur aveu , pires. Que cela vous empêche seulement de vous reposer sur vousmême ; on ne peut conserver aucun avantage que par les efforts qui l'acquièrent.

Aimer les passions nobles.

Si vous avez quelque passion qui élève vas sentiments, qui vous rende plus généreux , plus compatissant, plus humain, qu'elle vous soit chère.

Par une raison fort semblable, lorsque vous aurez attaché à votre service des hommes qui sauront vous plaire, passez-leur beaucoup de défauts. Vous serez peut-être plus mal servi , mais vous serez meilleur maître : il iaut laisser aux hommes de basse extraction la crainte de faire vivre d'autres hommes qui ne gagnent pas assez laborieusement leur salaire. Heureux qui leur peut adoucir les peines de leur condition !

En toute occasion^ quand vous vous sentirez porté vers quelque bien, lorsque votre beau naturel vous sollicitera pour les misérables, hâtez-vous de vous satisfaire. Craignez que le temps, les conseils, n'emportent ces bons sentiments, et n'exposez pas votre cœur à perdre un si cher avantage. Mon bon ami, il ne tient pas à vous de devenir riche , d'obtenir des em-

plois ou des honneurs; mais rien ne vous pest empêcher d'être bon , généreux et sage. Préférez la vertu à tout : vous n'y aurez jamais de regret. Il peut arriver que les hommes qui soDt envieux et légers vous fassent éprouver un jour leur injustice. Des gens méprisables usurpent la réputation due au mérite, et jouissent insolemment de son partage : c'est un mal ; mais il n'est pas tel que le monde se le figure; h vertu vaut mieux que la gloire.

Quand il foui sortir de sa sphère.

Mon très cher ami , sentez-vous votre esprit pressé et à l'étroit dans votre état? c'est ine preuve que vous êtes né pour une meilleure fortune; il faut donc sortir de vos voies, et marcher dans un champ moins limité.

Ne vous amusez pas à vous plaindre, rien n'est moins utile; mais fixez d'abord-vos regards autour de vous : on a quelquefois dans- sa maio des ressources que l'on ignore. Si vous n'en découvrez aucune, au lieu de vous morfoadre tristement dans cette vue , osez prendre un plus grand essor: un tour d'imagination un pea hardi nous ouvre souvent des chemins pleiitt de lumière. Quiconque connoît la portée de l'esprit humain tente quelquefois des moyeDS qui paroisscnt impraticables aux autres hommes. C'est avoir l'esprit chimérique que de négliger les facilités ordinaires pour suivre des hasards et des apparences; mais lorsqu'on sait bien allier les grands et les petits moyens et lea^ employer de concert, je crois qu'on auroit tort de craindre non-seulement l'opinion du monde, qui rejette toute sorte de hardiesse dans les malheureux, mais même les contradictions de la fortune.

Laissez croire à ceux qui le veulent croire, que l'on est misérable dans les embarras des grands desseins. C'est dans l'oisiveté et la petitesse que la vertu souffre, lorsqu'une prudence timide l'empêche de prendre l'essor et la fait ramper dans ses liens ; mais le malheur même a ses charmes dans les grandes extrémités : car cette opposition de la fortune élève un esprit courageux , et lui fait ramasser toutes ses forces, qu'il n'cmployoil pas.

Wâ

RÉFLEXIONS

jxtgement que Con porte des ^choses»

ugeoDs rarement des choses , mon aii 9 par ce qu'elles sont en elles-mêmes ; x>ugîs$ons pas du vice, mais du dés- Tel ne se feroit pas scrupule d*étre ]ui est honteux de passer pour tel , ustement.

emeuTom flétris et avïlks à nos propres fit que nous croyons Vêtre à ceux du ous ne mesurons pas nos fautes par la lais par l'opinion. Qu*un homme sé- 3 femme sans l'aimer, et l'abandonne ^oir séduite, peut-être qu'il en fera ais si cette femme le trompe lui-même , soit pas aimé quoique amoureux , et ndant il croie l'être; s'il découvre la t que cette femme infidèle se donnoit à un autre lorsqu'elle se faisoit payer es rigueurs, sa défaite et sa confusion urront pas exprimer , et on le verra ible, sans cause apparente, dès qu'un au hasard lui rapprochera cette idée '. re rougit d'aimer son esclave qui a des t se donne publiquement pour le pos- 'une femme sans mérite, que même il iinsi on affiche des vices effectifs; et aines foiblesscs pardonnables venoient s, on s'en trouveroit accablé, ais pas ces réflexions pour encourager bas, car ils n'ont que trop d'impu- ! parle pour ces âmes fières et délicates [lièrent leurs propres foiblesses , et ne louffrir la conviction publique de leurs

tdre ne vonloit plus vivre après avoir » ; sa grande ame étoit consternée d'un ncnt si funeste. Je le loue d'être delà plus tempérant ; mais s'il eût^)erdu je d'achever ses vastes desseins, et t pu sortir de cet horrible abattement xl il étoit plongé , le ressentiment de 'eût poussé trop loin, ni , n'oubliez jamais que rien ne nous intir de commettre beaucoup de fautes.

s si celle tournure peut être cin|yioyéc |)our tui tïip- • idc'c. S.

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