‹ Moralistes françoisChapitre 225 sur 309 · DLXXXVII · texte numérisé non relu

DLXXXVII

Tout ce qui flatte le plus notre vanité n'est fondé que sur la culture , que nous méprisons.

DLXXXVm.

L'expérience que nous avons des bornes de notre raison nous rend dociles aux préjugés.

DLXXXIX.

Comme il est naturel de croire beaucoup de choses sans démonstration, il ne l'est pas moins de douter de quelques autres malgré leurs preuves.

DXC.

La conviction de l'esprit n'entrsdne pas toujours celle du cœur.

DXCI.

Les hommes ne se comprennent pas les uns les autres. 11 y a moins de fous qu'on ne croit.

DXCU.

Pour peu qu'on se donne carrière sur la religion et sur les misères de l'homme , on ne fait pas difficulté de se placer parmi les esprits supérieurs.

DXGUl.

Des hommes inquiets et tremblants pour les plus petits intérêts affectent de braver la mort.

DXCIV.

Si les moindres périls dans les affaires nous donnent de vaines terreurs , dans quelles alarmes la mort ne doit-elle pas nous plonger, lorsqu'il est question pour toujours de tout notre

■ Ce mot de culture désigne, comme l'on voit dans cette pcntée et b suivante, l'éUit d'un esprit eulUvépar l'instruc- (ion. F.

ET MAXIMES

être, et que l'unique intérêt qui nous reste, il n'est plus en notre puissance de le ménager, ni même quelquefois de le connoitre !

DXCV.

Newton, Pascal, Bossuet, Racine , Fénelon , c'est-à-dire les hommes de la terre les plus éclairés , dans le plus philosophe de tous les siècles » et dans la force de leur esprit et de leur âge, ont cru Jésus-Christ; et le grand Condé ', en mourant, répétoit ces nobles paroles : < Oui, € nous verrons Dieu comme il est, sicuti est, c facie ad faciem. i

DXCVI.

Les maladiçs suspendent nos vertus et nos vices.

Dxcvn.

La nécessité comble les maux qu'elle ne peut soulager.

Dxcvm.

Le silence et la réflexion épuisent les passions, comme le travail et le jeûne consomment les humeurs.

DXCIX.

La solitude est à l'esprit ce que la diète est au corps.

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