‹ Moralistes françoisChapitre 250 sur 309 · A M. AMELOT · texte numérisé non relu

A M. AMELOT

Secrétaire d>Éiat pour les affaires ifrangères.

Monseigneur,

Je suis sensiblement touché que la lettre que j'ai eu l'honneur de vous écrire et celle que j'ai pris laliberté de vousadresser pour le roi, n'aient pu attirer votre attention. Il n'est pas surprenant, peut-être, qu'un ministres! occupé ne trouve pas le temps d'examiner de pareilles lettres; mais, monseigneur, me permettrez-vous de vous dire que c'est cette impossibilité morale où se trouve un gentilhomme qui n'a que du zèle deparvenir jusqu'à son maître, qui fait le découragement que l'on remarque dans la noblesse des provinces, et qui éteint toute émulation? J'ai passé, monseigneur, toute ma jeunesse loin des distractions du monde , pour tâcher de me rendre capabledes emplois oii j'ai cru que mon caractère m'appeloit; et j'osois penser qu'une volonté si laborieuse me mettroit du moins au niveau de ceux qui attendent toute leur fortune de leurs intrigues et de leurs plaisirs. Je suis pénétré, monseigneur, qu'une confiance que j'avois principalementfondéesurramourdemondevoir se trouve entièrement déçue. Ma santé ne me permettant plus de continuer mes services à la guerre , je viens d'écrire à M. le duc de Biron pour le prier de nommer à mon emploi. Je n'ai pu , dans une situation si malheureuse, me refuser à vous faire connoitre mon désespoir. Pardonnez-moi, monseigneur, s'il me dicte quelque expression qui ne soit pas assez mesurée.

Je suis, etc., etc.

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