LETTRES DE VOLTAIRE A VAUVENARGUES
LETTRE I
Dimandie, fi fénier I74S.
Tout cô que vous aimerez, monsieur, me sera cher, et j'aime déjà le sieur de Fléchdles. Vos recommandations sont pour moi les ordres ks plus précis. Dès que je serai un peu débarrassé de Mérope S des imprimeurs, des Gotbs et Vandales qui persécutent les lettres, je chercherai mes consolations dans votre charnaante société, et votre prose éloquente ranimera ma poésie. J*ai eu le plaisir de dire à M. Amelot * tout œ que je pense devons. Il sait son Démosthènes par cœur, il faudra qu'il sache son Vauvesa^ gués. Comptez à jamais, monsieur, sur la tendre estime et sur le dévouement de
VOLTÀIJUB.
LETTRE n.
ff
Jei]di,5aTrai74S.
Aimable créature, beau génie « j'ai lu votre premier manuscrit, et j'y ai admiré cette hau-
I Repréflentée le 20 février 1745. B.
* Ministre des Affaires-Étrangères»
LETTRES
leur d*un^j°[raiide ame qui s'élève si fort au-
dessunries petits brillants des Isocrates. Si vous
étiez né quelques années plus tôt, mes ouvrages
en vaudroient mieux*. Hais, au moins, sur la
fin de ma carrière, vous m'affermissez dans la
route que vous suivez. Le grand, le pathétique,
le sentiment, voilà mes premiers maîtres; vous
êtes le dernier. Je vais vous lire encore. Je
vous remercie tendrement. Vous êtes la plus
douce de mes consolations dans les maux qui
m'accablent.
Voltaire.