‹ Moralistes françoisChapitre 51 sur 309 · ARTICLE X · texte numérisé non relu

ARTICLE X

De Jésus-Chrisi. *

itance infinie des corps aux esprits figure \ce iafisîment plus infinie des esprits à ië, car elle^est sumaturelli.

gesse!

Il eût été inutile à Archimède de foire le prince dans ses livres de géométrie, quoiqu'il le fût. Il eût été inutile à notre Seigneur Jésus-Christ, pour éclater dans son règne de sainteté, de venir en roi : mais qu'il est bien venu avec l'édat de son ordre!

n est ridicule de se scandaliser de la bassesse de Jésus-Christ, comme si cette liassesse étoit du même ordre que la grandeur qu'il venoit faire paroftre. Qu'on considère celte grandeur-là dans sa vie, dans sa passion, dans son obscurité, dans sa mort, dans l'élection des siens, dans leur fuite, dans sa secrète résurrection, et dans le reste; on la verra si grande, qu'on n'aura pas sujet de se scandaliser d'une bassesse qui n'y est pas. Mais il y en a qui ne peuvent admirer que

PENSÉES DE PASCAL

les grandeurs cbarneUes, comme s'il n'y en avoit pas de spirituelles ; et d'autres qui n'admirent que les spirituelles, comme s'il n'y en avoit pas d'infiniment plus hautes dans la sagesse.

Tous les corps, le firmament, les étoiles, la terre et les royaumes , ne valent pas le moindre des esprits, car il connoît tout cela, et soi-même ; et le corps, rien. Et tous les corps , et tous les esprits ensemble, et toutes leurs productions, ne valent pas le moindre mouvement de charité, car elle est d'un ordre infiniment plus élevé.

De cous les corps ensemble on ne sauroit tirer la moindre pensée : cela est impossible, et d'un autre ordre.Tous les corps et les espritsensemble ne sauroient produire un mouvement de vraie charité : cela est impossible, et d'un autre ordre tout surnaturel.

JésusrChrist a été dans une obscurité (selon ce que le monde appelle obscurité ) telle, que les historiens, qui n'écrivent que les choses importantes, l'ont à peine aperçu.

Quel hommeeut jamais plus d'éclat que Jésus- Christ? Le peuple juif tout entier le prédit avant sa venue. Le peuple gentil l'adore après qu'il est venu. Les deux peuples gentiict juif le regardent comme leur centre. Et cependant quel homme jouit jamais moins de tout cet éclat? De trentetrois ans, il en vit trente sans paroitre. Dans les trois autres, il passe pour un imposteur; les prêtres et les principaux de sa nation le rejettent ; ses amis et ses proches le méprisent. Enfin il meurt d'une mort honteuse , trahi par un des siens , renié par l'autre , et abandonné de tous.

Quelle part a-t-il donc à cet éclat? Jamais homme n'a eu tant d'éclat ; jamais homme n'a eu'plus d'ignominiç^ Tout cet éclat n'a servi qu'à nous, pour nous le rendre reconnoîssable ; et il n'en a rien eu pour lui.

Jésus-Christ parle des plus grandes choses si simplement, qu'il semble qu'il n'y a pas pensé ; et si nettement néanmoins, qu'on voit bien ce

qu'il en pensoit. Cette clarté , jointe à cette nai veté, est admirable.

Qui a apprisaux évangélistes les qualitésd'um ame véritablement héroïque, pour la peindit si parfaitement en Jésus-Christ? Pourquoi Ii font-ils foible dans son agonie? Ne savent-ils pa« peindre une mort constante? Oui , sans doute; car le même saint Luc peint celle de saint Etienne plus forte que celle de Jésus-Christ. Ils le (bot donc capable de crainte avant que la nécessité de mourir soit arrivée, et ensuite tout fort. Mais quand ils le font troublé , c'est quand il se trouble lui-même ; et quand les hommes le troublent, il est tcwA fort.

L'Église s'est vue obligée de montrer que Jésus-Christ étoit homme, contre ceux qui le nioient , aussi-bien que de montrer qu'il ëtoit Dieu ; et les apparences étoient aussi grandes contre l'un et contre l'autre.

Jésus-Christ est un Dieu dont on s'approche sans orgueil, et sous lequel on s'abaisse sans

désespoir.

La conversion des païens étoit résenée à h grâce du Messie. Les Juifs, ou n'y ont point travaillé , ou l'ont foit sans succès : tout ce qu'eo ont dit Salomon et les prophètes a été inutile. Les sages , comme Platon et Socrate , n'ont jm leur persuader de n'adorer que le vrai Dieu. •

L'Evangile ne parle de la virginité de la Vierge que jusqu'à la naissance de Jésus^hrist; tout par rapport à Jésus-Christ. ^

Les deux Testaments regai'dent Jésu&Oia l'ancien comme son attente, le nouveau cobhR son modèle; tous deux comme leur centre.

Les prophètes ont prédit , et n'ont pas été prédits. Les saints ensuite sont prédits, mais non prédisants. Jésus-Christ est prédit et prédisant.

Jésus-CIu'ist pour tous, Moïse pour un peuple..

Les Juifs bénis en Abraham : Je bénirai çcut qiti te béniront. [Genèse, i2, 3.) Mais toutes nations bénies en sa semence. (Genèse, 18, 18.)

Lumen ail revelaiionem gentium. (Luc^ % 32.,

Non fecit taliter omni nationi (Ps. 147, 20)diftoit David en parlant de la lof. Mais en parlande Jésus-Christ, il faut dire : Eecii tatitcr omn nationi..

SECONDE PARTIE, ART. XI

cest à Jésus-Christ d*étre universel.

I même D*offre le sacrifice que pour les Jësu^hrist a offert celui de la croix

is.

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