Les Sentences de Démophile
9. Les Sentences de Démocrate ; 10. Les Vers dorés de Pythagore ;
il . Les Lettres de Théano, de Mélisse et de Myia.
II AVIS DE l'éditeur.
La plupart de ces traités ont pris place depuis loii| temps parmi les chefs-d'œuvre, et ils forment une gran< partie du code de morale de Tantiquité.
Dans une publication de ce genre, le travail de rédi< teur était peu important , et le choix des traductions ot frait seul quelques difficultés. Voici comment nous ayoïuj procédé :
Il existe deux traductions des Entretiens mémorables de Socrate : la première, de Charpentier; elle est lourde, diffuse, elle a vieilli; la seconde , de Lévesque ; celle-là est infiniment supérieure , soit pour Tintelligence du texte, soit pour la netteté du style ; elle a dû fixer notre choix.
Peu d'ouvrages anciens ont été aussi souvent traduits que le Manuel d'Épictète. Nous avons sous les yeux quinze traductions de cet admirable livre ; mais il en existe plus de vingt. Nous ne parlerons que des princi-
Les trois plus anciennes, et que nous rappelons ici pour mémoire, sont d'Antoine Dumoulin, 1544; de Claude Gruget; 1558, et de Rinaudeau, 1567.
La quatrième est du garde des sceaux Du Yair, Tun des créateurs de notre langue; elle est de 1606. Elle a fourni plus d'une leçon excellente aux traducteurs qui ont eu le bon esprit de la consulter.
La cinquième, publiée en 1653, est de Desmarest de Saint-Sorlin; elle fut imprimée au château de Richelieu.
AVIS DE l'ÉDITEUB. III
C'est un livre de bibHophile, qui n*a guère d'autre mérite que la rareté.
Laissant de côté les traductions de Goulu, 1630, de Gilles Boileau , 1660; des Jésuites Morogue et Bellegarde, 1701, et de Chaufepié , 1758, nous arrivons de suite à la traduction d'André Dacier publiée d'abord en un volume, 1715, puis en deux volumes ,1776, avec de longs fragments des discours d'Arrien et les commentaires de Simplicius. Cette traduction , quoique un peu sèche , est évidemment la meilleure que nous possédions encore ; plus tard elle fut rs^eunie , et pour ainsi dire refondue par Naigeon, qui s'empara du travail de Dacier et donna à son style plus de précision et de fermeté. C'est cette traduction que nous reproduisons dans notre recueil.
Toutefois, les traductions de Lefèvre de Villebrune , 1783; de Debure Saint-Fauxbin, 1784; de Gabriel Brottier, 1793; de Camus, 1796; du général Pommereuil , 1783 et 1823 ; enfm de Pilot, 1814, méritent au moins une mention honorable ; car elles témoignent une vive admiration pour notre auteur.
Nous avons retranché de ce volume les Pensées de MarC'Aurèle, qui eussent fait double emploi dans notre collection. Les œuvres de l'empereur romain , c'est-àdire le livre des Pensées et les lettres, fnéritaient, par leur importance, une place à part , que nous leur avons donnée. M. Alexis Pierron a fait une traduction nouvelle àes Pensées, que précède une introduction lumineuse et
iV AVIS DE L ÉDITEUR.
intéressante , et dont nn savant commentaire rehausse encore la valeur littéraire et philologique. Ce beau travail avec les Lettres pour appendice , forme aujourd'hui un des volumes de notre collection. La place qu'occupaient les Pensées de Marc-Aurèle dans la première édition des Moralistes grecs, est remplie dans celle-ci par les Caractères de Théophraste , ce chef-d'œuvre dont La Bruyère a fait , depuis bientôt deux siècles , un livre français. Nous donnons la traduction de La Bruyère, mais complétée , comme l'exigeait l'état actuel du texte de Théophraste, dont les mutilations ont été en plusieurs endroits heureusement réparées, parles découvertes de ces derniers temps. Nous avons examiné les observations des philologues modernes sur cette matière ; et venant après eux , nous espérons , sinon que notre travail est supérieur à ceux de nos devanciers, du moins qu'il en a résumé les idées les plus importantes.
Nous ne dirons rien de la traduction des Sentences de Théognis, Phocylide, Démophile, Démocrate et Pythagore. Ces courtes et poétiques sentences ont été traduites plusieurs fois et toujours assez heureusement : nous avons choisi la traduction de Lévesque, remarquable surtout par sa précision et son élégante simplicité.
Les quatre lettres qui terminent le volume nous ont paru du plus haut intérêt, elles peignent la famille grecque à une époque très-éloignée ; on remarque surtout la première lettre écrite par la femme de Pythagore sur l'éducation des enfants. Théano parle comme une bonne
AVIS BE l'ÉDITEIR. T
mère, et il se trouve que son laugage est celui delà plus excellente 'philosophie. Nous pensons que les femmes de notre siècle ne liront pas sans fruit cette lettre d'une femme qui yivait cinq cent trente ans a?ant Jésus- Christ.