CHILON
Tu gémis de tes malheurs ! si tu considérais tout ce que souffrent les autres , tu te plaindrais plus doucement de tes maux.
DES SAG«S OE LA GRÈCE. 453
Ce qu'un prince a de mieux à faire, c'est de ne croire aucun de ceux qui l'environnent.
Connais-toi toi-même. Rien de plus difficile : l'amour-propre exagère toujours notre mérite à nos propres yeux.
Tu parles mai des autres : tu ne crains donc pas le mal qu'ils diront de toi?
Tes amis t'invitent à un repas ; arrive tard si tu veux. Ils t'appellent pour les consoler; hâte-toi.
Il vaut mieux perdre que de faire un gain honteux.
Défic-toi de l'homme empressé qui cherche toujours à se mêler des affaires des autres.
454 SKNTKNCKS
Fais-toi pardonner ta puissance par ta douceur : mérite d'être aimé; redoute d'être craint.
Ne permets pas à ta langue de courir au devant do ta pensée.
Garder le secret, bien employer son loisir, supporter les injures , sont trois choses bien difficiles.
La pierre de touche fait connaître la qualité de Tor ; et l'or, le caractère des hommes.
PITTACUS. i
Un fils voulait plaider contre son père. « Vous se-
» rez condamné , lui dit Pittacus , si votre cause est •
» moins juste que la sienne : si elle est plus juste, |
» vous serez encore condamné. » I
DES SAGES DB LÀ GRÈCK. 455
XXX vn.
Heureux le prince, quand ses sujets craignent pour lui , et ne le craignent pas.
Tu réponds pour un autre : le repentir n'est pas loin.
XXXÏX.
L'homme prudent sait prévenir le mal; l'homme courageux le supporte sans se plaindre.
J'aime la maison où je ne vois rien de superflu, oii je trouve tout le nécessaire.
Voulez- vous connaître un homme? revôtez-le d'une grande puissance.
L'état est heureux quand les méchants ne peuvent y commander.
T^TiC) SENTENCES !
XLIÏI.
Attends (Je tes enfants dans ta vieillesse, ce que toi- ' même auras fait pour ton père.
XLïV.
Cache ton bonheur : mais, en fuyant Tenvie, n'excite pas la pitié.
En commandant aux autres , sache te gouverner toi-même.