ACTE I
[La scène représente une place publique, dans un village du Tyrol ; un grand feu au miheu. Le chœur des chasseurs convié Frank à prendre part à la joie commune, au retour de la chasse : Iüi-même ma rien tué. Mais la malchance d’un seul est ‘effacée par la prospérité commune.] : Re el < : FRANK :
Votre communauté? me soulève la bile. RO
1. On a joué La Coupe et les Lèvres au Cercle des Arts Intimes, le 12 mars 1882.
2. Le chœur adit: «C’est la communauté qui fait la force humaine, » — Frank, poussant l’individualisme jusqu’au pa-° roxysme, se révolte contre tous ceux qui vantent le bienfait de
l'association, de la cité. Gelui-là seul est pleinement homme, selon lui, qui a su $e constituer solitaire. C’est ce qu'on rait appeler l'erreur byrenienne par excellence. &
* Etudier à ce propos ce qui.
diflérencie la révolte de Frank de la misanthropie d’Alceste, ou du Timon, de Shakespeare.
JOUF-SE
- lance de l’énergie,
rs
Je n’en suis pas encore à mendier mon pain !. Mordieu! voilà de l’or?, messieurs, j'ai de quoi vivre.
S'il plaît à l'ennemi des hommes de me suivre,
II peut s'attendre encore à faire du chemin. : IL faut être bâtard! pour coudre sa misère
Aux misères d'autrui. — Suis-je un-esclave ou non? Le pacte social5 n’est pas de ma façon:
Je ne l’ai pas signé dans le sein de ma mère.
Si les autres ont peu, pourquoi n’aurais-je rien 6? Vous qui parlez de Dieu vous blasphémez le mien 7,
1. « Je ne ferai jamais qu'un maigre parasite », à-t-il dit déja.
Son esprit faussé par l'orgueil, roidi par le mépris, prend la fraternité, l’offre d’une aide qu’il pourrait rendre un jour,
comme un outrage.— Noter que le mépris de l'humanité est chez
lui antérieur à toute expérience
qui le justifierait si peu que ce
soit. Il en est tout autrement de Timon, qui diogénise seulement quand il a touché le fond de la vilenie humaine.