‹ Morceaux choisisChapitre 104 sur 439 · On trouvait généralement · texte numérisé non relu

On trouvait généralement

que la Monarchie de Juillet manquait d’orgueil..

4, Nous, c'est-à-dire les mem-

bres de cette société dont nous sommes si fiers, et où nous acceptons platement un rôle. Car Frank, sorti de la société, ne doutera plus de lui.

: 5, C’est à Paris que songe Musset. Cf. L’Elévation de Vigny

sur Paris(écritle16janvier1831): ;

« .… C’est la Fournaïise aussique

tu vois. Sa lumière — teint de:

- rouge les bords du ciel noir et * profond.; — C'est un feu sous

un dôme obscur, large et sans

fond... » Cf, lPévocation de*Pa.

ris vu du cimetière du Père:

Lachaïse, dans Le Père Goriot de Balzac. GRR ‘6, La cité est considérée ici comme la consommatrice et la destructrice de toutes les éner- :

gies qu’elle avilit en les réglant.

Mais la: Cité exerce sur Frank, fils d'un clan rustique,unesorte .

d’atiraction répulsive. Au lieu d’user lentement sa xie dans

J’humble et monotone besogne :

du clan, il tentera de devenir :

un dominateur en cet atelier,

ce laboratoire où se -subtilise et s’exalte l'énergie humaine. | Là au moins la douleur et la :

joie sont aiguës. La Cité est la

- conscience et Ja volonté du

monde. En somme, A. de Mussel traite ici sous une-forme épique le thème qui reparaît constamment dans la Comédie humaine de Balzac. Frank symbolise la ruée vers Paris de tout provincial énergique,;ambi-

ri

tieux. Ayant rompu avec le clan :

patriarcal (sa province) dans lequel la vie s'écoule lentemént, économise sa force pour une œuvre collective, anonyme et

-résignée, il ne peut plus vivre

qu’au centre, au cerveau du .

pays, où la vie est vite brûlée.

A cette époque-là, beaucoup de penseurs dénoncèrent le despo-tisme et l'attraction corruptrice exercés sur la province par Paris. (Voir notamment la campa- ; gue de l'Avenir, de Lamennais.) 5 = at

L'homme y presse ses jours pour en boire le vin, Comme le vigneron presse et tord son raisin.

‘LE CHŒUR

Frank, une ambition terrible te dévore!, .

Ta pauvreté superbe elle-même s’abhorre;

Tu te hais, vagabond, dans ton orgueil de roi, Et tu hais ton voisin d’être semblable à toi. Parle, aimes-tu ton père? aimes-tu ta patrie?

Au souffle du matin sens-tu ton cœur frémir,

Et t’agenouilles-tu lorsque tu vas dormir?

De quel sang es-tu fait, pour marcher dans la vie Comme un homme de bronzeÿ, et pour que l’amitié, L'amour, la confiance et la douce pitié

Viennent toujours glisser sur ton être insensible, Comme des gouttes d’eau sur un marbre poli?

Ah! celui-là vit mal qui ne vit que pour lui6. L'âme, rayon du ciel, prisonnière invisible?, Souffre dans son cachot de sanglantes douleurs. Du fond de son exil elle cherche ses sœurs;

Et les pleurs et les chants sont les voix éternelles . De ces filles de Dieu qui s'appellent. entre elles,

[Frank n’écoute pas ces voix consolattices.' Pris d’un accès de fureur, il saisit dans le feu allumé sur la place une büûche embrasée, et la jette dans sa chaumière. Son patrimoine est détruit : « C’est moi, c'est mon fantôme que je disperse aux vents avec ce toit de chaume. » II sort en courant. Pas de transition entre cela et ce qui suit.]

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