‹ Morceaux choisisChapitre 103 sur 439 · Religion, idôlatrie de lénergie personnelle. Foutes les · texte numérisé non relu

Religion, idôlatrie de lénergie personnelle. Foutes les

valeurs morales sont rénversées. Le vrai culte, le seul courageux, c’est le culte desoi. Iln’y a que lâcheté en ce qui s’appelle communément vertu. La grande faute, la seule que lon puisse commettre contre le dieu intérieur, c'est d'accepter la déchéance de sa force. (Sur le sentiment de ce qu'il porte en lui de divin,/v: p. 135.)

8. Cf. le caractère de Lorenzaccio: « Crois-tu donc que je n’ai plus d'orgueil, parce que je n'ai plus de honté ?... » (A. IEF, sc. 3.) Observer iei la déviation dun sentiment juste: le respect de soi-même survivant à la ruine de toute croyance, au désordre des idées, comme inspirateur d’une conduite droite. C’est sur ce sentiment qu’'A. de Vigny élèvera la religion de l’'Honneur, seule certitudeémergeantdeson

nihilisme moral. La question

que Musset (pas plus que Vigny) ne sé pose, c’est de savoir si l’'Orgueil est lui-même pur de

“tout alliage social, si un pareil

sentimeht se concevrait hors.

| de la communauté humaine.

L’orgueil, c’est la pudeur des

femmes, la constancé

Du soldat dans le rang, du martyr sur la croix,

L’orgueil, c’est la vertu, l'honneur et le génie,

C'est ce qui reste encor d’un peu beau? dans la'vie,

La probité du pauvre’et la grandeur des rois ÿ. Je voudrais bien savoir, nous tous tant que nous sommes, Et moi toui le premier, à quoi nous sommes bons #? Voyez-vous ce ciel pâle, au delà de ces monts? ? Là, du soir au matin, fument autour des hommes

Ces vastes alambics qu'on nomme les ertés ?.

Intrigues, passions, périls et voluptés, $ Toute la vie est là; — tout en sort, tout y rentre6. : Tout se disperse ailleurs, et là tout se concentre.

4. Un sentiment qui aboutit au sacrifice est absous. Il y a d’autres richesses que la vie:

par exemple la fidélité à soimême, à sa cause, même perdue.

Le dédain de la vie, et la passion pour une idée, évoqués dans ces vers, y mettent de la beauté. Mais n'est-ce pas abu- ‘ser des mots que d'appeler orgueil la férmeté du martyr?

c'est oublier que-les martyrs n'étaient pas des Stoïciens, croyant tout tirer de leur volonté propre et s’admirant dans leur force, mais des chrétiens, des contemplatifs, qui puisaient leur énergie de résistance dans l'amour. C’est par des phénoméenes extatiques plutôt que par &n roidissement de l’orgueil qu'on explique l’héroisme des chrétiens torturés.

2. Nous ne sommes sûrs de rien, tâächons de n'être pas trop Jaiïds. x

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