‹ Morceaux choisisChapitre 115 sur 439 · L'OFFICIER · texte numérisé non relu

L'OFFICIER

Si Charle eût des défauts, ne itroublons pas sa cendre?.

Sont-ce de tels témoins qu’il nôus convient d'entendre ?

Soldats, Frank se sentait une autre missions. : rx

Qui jamais s’est montré plus vif dans l’action,

Plus fort dans le conseil ? Qui jamais mieux que Charle

Prouva son éloquence à l’heure où le bras parle ?

Vous le savez, soldats, j’ai combattu sous lui ; CN Je puis dire à mon tour : Moi, j'en étais aussi. NEA Une ardeur sans égale, un courage indomptable, | Un homme encor meilleur qu’il n’était redoutable, «20 . Une âme de héros, — voilà ce que j'ai vu. | | ou

4. Charle est le prénom de faut He juger suivant la mesu- Frank, sans doute par souve- | re communeles hommes doués nir du Charles Moor des Bri- pour la grande action... gands de Schilier-: .. 4. N°y a-t-il pas ici unerémini- ::

2, Voici une belle oraison fu- scence d’untraitfameux delélo- : nèbre, sobre, vigoureuse, d’un quence napoléonienne, — l’'Emrythme militaire. pereur affirmant qu’on recon-

3. Il avait donc le droit de naitrait un héros en tout hom- . dédaigner les vertus du foy er. me qui pourrait dire: « J’étais à ‘ Ceci laisse entendre qu'il ne.| la bataille d’Austerlitz. » ? \

FRANK

. Vous vous trompez, monsieur, vous l’avez mal connu.

Frank n’a jamais été qu’un coureur d'aventure, Qu'un fou, risquant sa vie et celle des soldats, Pour briguer des honneurs qu’il ne méritait pas. Né sans titres, sans bien, parti d’une masure, Il faisait au combat ce qu’on fait aux brelans!, Il jouait tout ou rien, — la mort ou la fortune.

Ces géns-là bravent tout, — l'espèce en est commune? Ils inondent les ports, l’armée et les couvents.

Croyez-vous que ce Frank valüt sa renommée ? . Qu'il respectât les lois? ? qu’il aimât l’empereur ?

. [Les soldats conviennent qu'il, ne valait pas cher ; ils Belcolore.]

Laissez parler le moine !

rappellent

LE PEUPLE

FRANK

Il a fait pis encore :

IL a réduit sort père à la mendicité#, Il avait besoin .d’or pour cette courtisane ; Le peu qu'il possédait, c’est là qu’il l’a porté. |

. Soldats, que faites-vous à celui qui profane +: La cendre d’un bon tils et d’un homme de bien?

J'ai mérité la mort, si ce crime est le mien.

LE PEUPLE

Dis-nous la vérité, moine, et parle sans crainte.

1, Cf. Les Vœux stériles : :

y FLÈRES È PT ATIENERS C'est ainsi, Machiavel, qu'avec toi Je

! [m'écrie :

O médiocrité, celui qui pour tout pee T'apporte à ce d'ipot Aégoûtant qu'es

De [la vie,

Est bien poltron au jeu, s'il ne dit :

avait déjà dit (Satire II)

Î , [Tout ou rien.

Brelan fut d'abord le nom.

d’un jeu de cartes, puis se dit d’une maison de jeu: — Régnier CE monde est un brelan où tout est confondu,— Tel pense avoir gagné qui souvent a perdu. »

2, À vraidire, Frank nesetient pas pour un exemplaire dé la

commune espèce. Il tend un’ piè-

ge au peuple, qu’une rhétorique

* insidieuse et l'appel véhément à

évidence retournent si aisé -

ment. Lui seul peut se juger du dedans, et dire quelle soif d’intini l’a jeté dans aventure. C'est une singulière façon d’éprouver la fidélité des hommes que d’égarer. leur jugement comme

‘Frank se plait à le faire. Mais

our condescendre à les édifiér

onnêtement sur lui-même, il faudrait qu’il les estimât : ‘or il veut se démontrer qu’il ne saurait les mépriser trop violemment. Son esprit est faussé par l’orgueil.

3. En effet, il ne les respectait pas. Mais qu'est-ce, pour un hé-

ros, que la légalité?

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