XVI
C’est qu’on pleure en riant; — c’est qu’on est innocent Et coupable à la fois; — c’est qu’on se croit parjure Lorsqu'on n’est qu'abusé; c’est qu’on verse le sang Avec des mains sans tache, et que notre nature A de mal et de bien pétri sa créature :
Tel est le monde, hélas! et tel était Hassan.
[Namouna ne se raconte guère. C’est une divagation plus décousué Û encore que Mardoche : la bouffonnerie et l'émotion s’y mêlent comme dans le Don Juan de lord Byron. Le,;premier Chant (78 sixains) disserte sur la tendresse de cœur d’Hassan, son besoin effrène d'amour, sa com- Ù plaisance à se laisser tromper et à se griser d'illusions, son inconstance, qui déjà nous est donnée comme la marqué d’une âme en quête de perfection, enfin sur tout ce qui le prédestine à souffrir du fait de la femme ; c’est un rèveur, et c’est un fantaisiste.
L'histoire n'avance pas davantage au deuxième Chant, écrit à la gloire du don Juanisme! : mais Musset ‘donne d’ abord, en quelques boutades, 2
on art poétique: la critique n’y entend rien : Sachez-le, c’est le cœur qui parle et qui soupire.….
(V. Introduction, p. 19). Enfin, après quelques pages sur les deux sortes de roués qui existent sur la terre, le Lovelace de Richardson, « beau comme Satan, froid comme la vipère », et le don Juan de Molière, « ivre, riche, joyeux », il en vient à celui « que personne n’a fait, que Mozart a Tèvé, — qu "Hoffmann a vu passer, au son de la musique, — - Sous un éclair divin de sa nuit fantastique, — Admirable portrait qu’il n’a point achevé, — et que de notre temps Shakespeare-aurait trouvé ?.]